Alors, tu fais quoi là ?

J'chuis dans le XIXe, pfff...

Sauf que, allez savoir pourquoi, et ben je l'aime pas le dizneuvième...

Je sais pas, y'à un truc entre lui et moi. Un machin qui me plaît pas.

Des traits trop droits, une espèce de rigueur victorienne froide, du trop parfait, du qui se patine pas. Du ciment, des outils tranchants, des pierres à la scie, des ardoises au cordeau, des chiens trop bien assis.

Côté régime, je le préfère à l'ancienne, rien à faire.

Alors si on en prend des bouts, ouais, pourquoi pas. Les trucs retour d'Egypte pas exemple, et bien, j'aime plutôt.

Paris. Fontaine du Fellah. 1806.

Un je ne sais quoi de fantaisiste, de l'archéologie, une part d'exotique, c'est plutôt beau...

Bon, j'aime aussi le XIXe des lois du Patrimoine, de la naissance des bibliothèques, des Archives, des Musées, des Monuments Historiques, ouais. Je suis un peu là grâce à tout ça quand même, merci Mérimée...

Bon, et puis il faut le dire, j'adore, y'a pas d'autres mots, les érudits nés dans les années 1830-1850. Ceux là, je sais, pas, y'a du avoir une conjonction planétaire, ils ont écrit des choses fabuleuses sur l'histoire. De vrais bénédictins. Des mines. Et une production digne de garennes au printemps. Et vas y sur les encyclopédies, les compilations, les notes...

A chaque fois, je les bénis mes chanoines de campagne, mes paléontologues en herbe, mes maîtres d'école, mes curieux.

Bon, clairement, ça devait pas rigoler tout les jours dans les presbytères et autres salles de classe, parce que bonjour la rigueur.

Mais 150 ans plus tard, qu'est ce qu'on se marre !

Je leur dois quelques jubilations historiques faut dire.

De celles qui vous font rugir, en chuchotant, un "YES" à la tonitruance du mime Marceau au milieu d'une salle d'archives, lorsqu'enfoui au fond de leurs notes, caché dans leurs pates de mouches, vous trouver LE truc qui manquait à votre étude, innocemment retranscrit entre 2 anecdotes sur les muletiers en Basse-Provence au temps de la papauté avignonnaise, et la liste des actes notariés du fonds 2 E 527. Rhhhaa...

Et puis bizarrement, cette même génération a également vu naître les architectes créateurs les plus déjantés : le facteur cheval, Gaudi, l'abbé Fouré... Et ceux là, ben je les adore aussi.

Bon finalement, aller,il est pas si mal ce siècle là non ?

Ok, ok.

Dis "zneuvième" :

"zneuvième" !

Ben voilà, tu vois, c'est pas si difficile...

Yapluka