Avoir de jeunes esprits face à soi, dans une transmission de bon aloi se révèle jubilatoire parfois.

Ed Fairburn 3

Plus que parfois, souvent même.

Voir s'ouvrir, s'épanouir, mais aussi s'esclafoirer mes étudiants et en permanence une source d'étonnement, voire d'émerveillement.

Bon, il y a le fait de les voir "grandir". Les revoir, attentifs, l'année d'après, fidèles au poste. Une joie. Les voir buter aussi. Essayer de comprendre pourquoi ils n'impriment pas. Se remettre en question. Et s'adapter.

Et ça, c'est aussi jubilatoire que de les voir progresser.

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Parce qu'entre l'étudiante 1.0 que j'étais il y a quelques années, et mes petits loulous 2.5 d'ajourd'hui, le monde a bien changé.

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Je pourrai jouer les vieux machins hein, regretter les temps anciens. Râler sur leurs incohérences. Pester contre leurs incompétences.

"C'était mieux avant ma brave dame"

Ouais, si on veut.

Bon. En cas de pensées rétrograde aux bas mots, rien de mieux qu'un petit Platon tiré du chapeau :

Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants,
Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,
Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter,
Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus au dessus d'eux l'autorité de rien ni de personne,
Alors c'est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie.

Platon (Athènes, Ve-IV siècles av. J.-C.), La République, Livre VIII

PAF !

Voilà, voilà...

Tout est dit ?

edfairburn

Que nenni...

Parce que bon, sans partir dans la philosophie de cuisine, si la jeunesse n'était pas là pour filer de joyeux coups de pieds au derrière de leurs aînés, on avancerait pas beaucoup moi j'dis.

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Bon, et puis c'est pas comme si Mai 68 n'était pas passé par là non plus hein...

Pas comme si maintenant, pouvoir se remettre en question n'était plus un luxe.

Pas comme si, aujourd'hui, on avait le droit de se défausser des aînés, par trop de carcans étouffés.

Ed Fairburn 5

Suis-je un magister, celui qui enseigne ? Ou un dominus, celui qui commande ?

Dois-je rester dans la lignée de mes aînés et posséder mon savoir à l'identique de mon pouvoir ? Dresser, contrôler, normaliser ?

Ben non.

Moi, je préfère Michel Serres.

Aujourd'hui, la quête est différente. Le savoir est différent. La recherche aussi.

Et Dieu que c'est bon...

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