Sens et contresens... Par où on attaque la chose ? Ben tient, oui, on l'a prend sous quel angle ? 10° ? 20° ? 30° ? 40° ? Non, je ne cause pas météo. Même frustrés, 40° faut quand même aimer.

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Le premier truc qui m'est venu à l'idée, c'est "ben voilà, tu le voulais, tu l'as eu". Mais tu voulais quoi ? Du temps ? Du repos ? La possibilité de débrancher la machine ? Bon, sauf que là, la machine, tu sais qu'elle va devenir ta meilleure copine. Au départ, ce seront les belles mains du pro, mais après, tu le sais bien, t'auras beau avoir une certaine conversation, il finira par te laisser en tête à tête avec son robot. Allez, on compte, et on tient ! 20 degrés, les doigts dans le nez !

Arpenter avec le demi cercle

Bon, mais ça, c'est d'ici un moment. Là pour l'instant, le sens, c'est celui du tissage du coussin. Perpendiculaire, en travers, en transversal, dans le sens du fil. C'est là qu'on se dit que le diagnostic a pas été entièrement fait. Tu te croyais passionnée, plutôt rapide, avec de l'énergie sous le capot, une vraie chaudière, toujours à carburer.

Finalement, tu te découvres hyperactive. Impossible de tenir en place 2 secondes. Se tourner, se retourner, alterner le sens du fil. Sinon, t'as au choix, mal au dos, au pied, au cou à la tête, une envie irrépressible de bouger, bouger, bouger et bouger encore.

Ben voilà, j'ai tenu 5 minutes, l'ordi en suspension, et là, faut que je bouge. Nan, je tiendrai.

Faut bien d'ailleurs, sinon, ça perd son sens.

Nan, je tiendrai pas, aller, on change. Patte sur le côté. Luxe suprême.

Tr06

Ça, heureusement, c'est plutôt ton truc, trouver l'axe inexploré. C'est bien d'ailleurs pourquoi tu prends bien la chose.

Sinon, sur le principe, ce machin là, dans l'absolu, c'est quand même genre cauchemar.

Bon, tu la craches ta valda ?

Ben, l'été du nain, au départ, c'était plutôt bien : fin des buffonneries, début d'un nouveau château tout joli, des cartons endroit et envers, histoire de changer de lieu, de temps et d'univers.

Ça, c'était sans compter sur les croche-pieds urbains. Tu sais, les trucs qui font hurler de rire quand tu les vois au zapping à la télé : et paf, la mamie qui se viande, et hop, la jeunette qui plonge, et vlan, le minou qui s'étale.

Bon, moi, ça m'a jamais trop fait rire, j'avais plutôt une sorte de rictus en fait. Meeerde, il a du se faire mal sur ce coup là.

Alors oui, je confirme, c'est peut-être hyper drôle à voir, mais à vivre, moins. Et ça fait mal.

Après, tu découvres qu'un genou, c'est pas fait pour les chiens. Tu t'étais jamais vraiment posé la question, regardant juste de temps en temps les cicatrices d'enfance des tiens. Et puis tu fouilles plus de squelettes, et l'anatomie, tu las connais, alors... Hypra dur le genou y parait, une zone anti-chocs des plus performantes. Presque mieux que le coude.

Oui.

Quitte à se le mettre dans l'oeil en passant par le doigt, je sais pas si j'aurai pas préféré le coude en fait. Sauf que là, c'est mon surmoi à moi qui a décidé. J'ai butté, fais un vol plané, pensé à désaxer la chose pour ne pas m'applater en long, pour finalement, à défaut d'applatage, choisir une seule et unique zone d'aterrisage. Et hop ! Une rotule !

J'ose même pas penser aux rimes que je pourrai faire sur ce coup là...

Bref. Passage hospitalier par de beaux pompiers accompagnés. Fuite en avant face à la panique hospitalière de médecins débordés par la folie footière. Y'a pas à dire, le ballon, ça rend con.

Choix d'un lieu en rotule plus familier et en foot moins troupier. Stabilisation de la bête. Ou tricotage, au choix. Je pense que le chirurgien a eu son brevet en macramé "je me suis bien amusé". Et ben tant mieux, une phrase comme ça, je l'a prends à 200%. Je préfère ça. Moi aussi, quand je bosse, je m'amuse.

Du coup, voilà, on revient au sens.

Hors de question de la mettre au noir cette oeuvre là.

Je ne veux même pas en aborder l'idée.

Cette rotule là, ce machin qui te cloue dans ton canapé, c'est forcément pour ton bien. Même si tu le sais pas encore. Vu de loin, ton genou saucisson, celui qui gratte sous le pansement tout mignon, c'est juste une galère absolue. Une vie tout sauf en rose.

Mais de près, tu te refuses à la chose, file, Ô navire, loin et hors de ma vue.

Tant pis, c'est comme ça. Je sais le temps relatif.

Je ne sais pas encore pourquoi. Je sais juste qu'il y en a un.

Un pourquoi d'acceptation, d'amitiés, de maturité, de rencontres, d'applications. D'entraide, de rires, de joies et de fusions. De compassion, pourquoi pas.

Alors j'accepte mon canapé. Je finis de Buffonner, j'attaque mon nouveau château joli, je regarderai Clémentine faire les cartons, premier boulot d'été. Fondateur, pourquoi pas. Pas pour moi, pour elle, qui sait. Pour mes petits à moi, grandis d'un coup d'un seul, devenus en une rotule de vrais petites libellules. Bruissantes, nourrissantes, aidantes et attentionnées.

Après, moi qui rêve d'eaux bouillonnantes, de bulles et autres cures à 37°, je crois que de ce côté là, je vais être gâtée.

Histoire en degrés, de rattraper la marche perdue, l'angle atteint, le pliage foutu.

Pas mal pour une archéologue non "à la recherche de la marche perdue" ?

Aller, c'est pas tout, mais faut que je bouge...