Alors, aujourd'hui, un petit post spécial dédicace à Kate, ma soeur Kate...

A qui je proposais de venir m'installer en haut de son frigo, ou de son armoire normande, sans doute plus adaptée à mon postérieur de dodo.

Cherchez pas, y'à des fois, faut mieux pas creuser.

Bref.

Allez savoir, dans le pouyème de seconde suivant, en associant dodo et perché, et hop, voilà comment est apparu Siméon le stylite. C'est comme ça, les historiens d'art, ça vous saute sur le rable du moindre machin artistique à la première pensée.

Et paf !

Cela dit, grâce à l'idée de mon frigo perché, à défaut de baron (dans lequel tout est bon, soit-dit en passant...) je suis enfin allée chercher ce qui constituait une énigme de mes années d'études : Siméon le stylite, il était VRAIMENT sur une colonne ? Nan, parce que y'à le terme, et puis y'a la réalité.

Bon, nous parlons ici, pour ce qui est de mes études, de la préhistoire en histoire. A l'époque, y'avait pas internet et autre wikipedia. Si on voulait chercher l'histoire de ce brave Siméon, fallait se taper la biblio complète de l'histoire des moines de Syrie. Et comment dire ? Je l'ai pas fait à l'époque.

Bon, maintenant, un petit clic, et hop ! Tu sais à peu près tout de la vie du moindre moine du Ve siècle, de la marque de sa bure à son menu du 3 janvier 445.

Alors, ce brave Siméon, il était berger, et voilà qu'un jour, telle la future Jeanne, il entend une voix. Qui lui dit :

"Bienheureux ceux qui pleurent !... Bienheureux ceux qui ont le cœur pur !" Éclairé par la grâce, embrasé du désir de la perfection, il se met en prière, s'endort et fait un songe : "Il me semblait, dit-il, que je creusais les fondements d'un édifice ; quand je crus la fosse assez profonde, je m'arrêtai : "Creuse encore !" me dit une voix. Par quatre fois je repris mon travail et je m'arrêtai, et par quatre fois j'entendis la même parole : "Creuse encore !" Enfin la voix me dit : "C'est assez ! Maintenant tu peux élever un édifice aussi haut qu'il te plaira." Ce songe signifiait sans doute l'humilité, base de toutes les vertus et mesure de la perfection ; mais il faisait aussi allusion au genre de vie que devait mener le pieux jeune homme. »

C'est beau hein ?

Bref, l'homme se consacra à la prière. Si bien qu'on venait le voir de partout.

Sauf que lui, le monde, la parlotte, c'était pas son truc.

simeon-the-stylite-1939

Du coup, histoire de vraiment prier tranquille, et d'obéir à sa voix, il décide un jour d'aller se percher en haut d'une colonne. La première faisait 4 mètres. Après, genre Koh-Lanta, il alla se poser carrément plus haut, 15 mètres au bas mot. Bon, apparemment, y'avait quand même une petite barrière.

Simeon_Stylite_Louvre

Parce Siméon, il avait décidé qu'il ne s'alongerait plus du tout. Debout, plié en deux, agenouillé (quoique...) et rien d'autre.

Au bout d'un certain temps, vu qu'en bas, ça devenait un vrai souk, il a commencé à recevoir des visites. On pouvait aller lui faire un petit coucou tous les après-midi, en grimpant sur une échelle.

simeoncallot

Ca a duré 39 ans cette histoire...

Et voilà comment on devient perché ET saint.

On en apprend de ces trucs...

Bon, à propos de perchée, ma Kate illuminée, si je viens squatter le haut de ton frigo, ça durera peut-être pas aussi longtemps...

Simeon-stylites-2

Mais qui sait, si la pitance est aussi bonne que la conversation, je styliterai avec plaisir, et moult sanctifications !