*** Nain.de.Jardin ***

06 janvier 2016

Tsunami

18 h 30, mercredi. Poulette jolie arrive :

- "au fait maman, il faut que je fasse une clef USB pour l'école.

- Pour demain ? (frisson d'effroi)

- Oui !

- Ah. Et sur quel sujet ?

- Heu, c'est sur les trucs qui ressemblent à des ouragans, tu sais, avec des grosses vagues.

- Les tsunamis ?

- Oui, c'est ça, les tsunamis. C'est pour la semaine à thème"

Et c'est quoi une semaine à thème me direz vous ? Et ben c'est une thématique, qu'on va traiter, à l'école, dans tous les cours. En français, en maths, en géographie, etc, etc.

Et cette semaine, c'est quoi ?

C'est COP21 ! Youhou !

Ce qui veut dire que depuis lundi, mes loulous sont gavés, matin, midi et soir, de films particulièrement gratinés sur la fonte des glaciers, le gaz carbonique, les catastrophes naturelles et autres joyeusetés climatiques. Vive l'apocalypse !

Du coup, je vous parle pas des nuits.

J'ai l'impression d'être au standard de la Sécu :

"Angoisse bonjour, que puis-je faire pour vous pourrir la vie ?"

(avec une petite voie flutée, c'est toujours mieux)

Aussi sec, sachant que j'étais déjà bien accastillée, j'ai investi dans l'euphytose et autres "sédatif PC". A savoir des machins phyto bidule et homéopathie truc pour essayer de les faire dormir contre leur gré. Tout en restant bobo-bio, cela va de soit. Sinon, ça serait pas cohérent. Je parle pas des discours qui vont avec et l'energie que je mets à positiver tout ça. Pfiou.

Bon, et là, il est juste 19 h 00, et j'interromps mes écrits d'Histoire Naturelle choupinette pour aller vers des trucs nettement moins chouettes.

Le sédatif PC est aussi valable pour le mien, de PC...

Parce que faut pas se leurrer. Si les loulous me demandent à 18 h 30 si j'ai quelques données sur un sujet, ça veut dire que c'est moi qui vait me taper le boulot.

Je vous dis pas comme c'est fun de retranscrire en langage enfantin la propagation des ondes d'Imamura :


m = \log_2( H_{max} )

Ben quoi, c'est simple non ?

Ouais, sauf que là, je suis pas du tout, mais pas du tout dans le truc...

T'ain...

Je sens que ce machin va finir en leçon expresse demain matin.

D'ici là, j'aurai sorti les loulous de leur lit à grands coups de grues et pelle mécanique (ben oui, tient, le médoc bobo-bio pour faire dodo, ça assomme) et aurait retranscrit perso by myself toute seule le tsunami climatique.

Et accessoirement dormi ?

Ah non, ça, madame, c'est en option...

Et puis ça figure pas dans la semaine à thème.

Alors...

Posté par nain_de_jardin à 19:23 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : ,

02 janvier 2016

JOIE

Alors, alors, on en est où mes petits chats ?

Bon, c'est pas comme si on était pas deux jours après le cul de l'an non plus hein, ce qui suppose donc que je me plie à l'exercice.

Sauf que bon.

Bon quoi ?

Et ben je sais pas, mais pour moi, tout cela n'a d'importance que celle qu'on veut bien lui accorder. Certes on saute l'an, mais à force de se la souhaiter bonne en temps et en heure, l'affaire écoeure. C'est comme la galette des rois, le trop nuit au bien parfois.

N'allez pas croire que tout cela ne m'émeut pas, il est agréable de recevoir des voeux, voire d'en donner d'heureux.

Mais pourquoi juste ce jour là ?

Moi j'aime l'idée de souhaiter le bien à toute heure, d'accompagner les petits et grands bonheurs, de consoler déceptions et pleurs sans qu'une carte, toute ornée ou belle soit-elle, ne vienne s'interposer à date donnée pour me le rappeler.

J'aime l'idée de la pensée accompagnée, du temps accordé, de la compassion, de l'empathie, et pas seulement fixée le premier, à minuit.

J'aime l'idée de voeux éternels et lumineux.

J'aime l'émoi, les fous-rires et la joie.

Du coup, je me plie quand même va, parce que décidément cet effet de miroir là me met, justement, en joie.

941691_10201344045320211_4905386791426418845_n

Posté par nain_de_jardin à 00:47 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags :

22 décembre 2015

Philo Zophie

Offert ce jour par ma poupette jolie, un petit texte en guise de philosophie de vie...

Comment_avoir_une_vie_meilleure

Alors on va dire qu'entre les retranscriptions des textes de l'Ancien Régime et le décryptage de ceux de mes enfants, la frontière est parfois assez minimaliste. On félicite en cela notre bonne vieille Éducation Nationale qui devrait, à mon sens, se poser quelques questions quant à la validité de ses méthodes.

Mais on va pas dire de gros mots, hein, c'est pas bien :0) !

Bref.

Je vous traduis la chose...

*

Comment vivre une vie meilleure de A à Z

Etape 1 :

Aimez votre famille

Si vous êtes célibataire, achetez un animal de compagnie

et aimez le comme si vous aviez une famille

Etape 2 :

Mangez bio

et ne dites pas trop de gros mots

et ne buvez pas trop

et occupez vous des autres

et soyez gentils

et vous vous ferez des amis

et ne dites pas des choses blessantes envers l'autre s'il vous plait.

Merci

Fin

*

Voilà, tout est dit

Posté par nain_de_jardin à 13:53 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : ,

18 décembre 2015

Vendredi (j'ai pas trouvé d'autre titre original, alors, oui, vendredi)

Aller, tient, aujourd'hui, un copié-collé. Paf !

Alors voilà, c'est l'histoire d'un monsieur qui s'est dit que les photos animalières étaient souvent sublimes. Mais qu'aussi, parfois, elles étaient... différentes.

Du coup, il a organisé un petit concours. Et ça donne ça :

funny-animal-pictures-comedy-wildlife-photography-awards-paul-joynson-hicks-2

funny-animal-pictures-comedy-wildlife-photography-awards-paul-joynson-hicks-3

funny-animal-pictures-comedy-wildlife-photography-awards-paul-joynson-hicks-10

funny-animal-pictures-comedy-wildlife-photography-awards-paul-joynson-hicks-13

funny-animal-pictures-comedy-wildlife-photography-awards-paul-joynson-hicks-8

funny-animal-pictures-comedy-wildlife-photography-awards-paul-joynson-hicks-7

funny-animal-pictures-comedy-wildlife-photography-awards-paul-joynson-hicks-14

funny-animal-pictures-comedy-wildlife-photography-awards-paul-joynson-hicks-9

funny-animal-pictures-comedy-wildlife-photography-awards-paul-joynson-hicks-11

funny-animal-pictures-comedy-wildlife-photography-awards-paul-joynson-hicks-1

funny-animal-pictures-comedy-wildlife-photography-awards-paul-joynson-hicks-12

Ça, spéciale dédicace, c'est un "hou là là..."

funny-animal-pictures-comedy-wildlife-photography-awards-paul-joynson-hicks-16

Et on va où pour en voir d'autres ?

Ben là :

comedywildlifephoto.com | facebook | twitter | instagram

*

Du coup, pendant qu'on y est, aller, hop, soyons fous, j'en ajoute d'autres.

C'est pas les miennes, mais vous pouvez trouver d'où elles viennent dans le petit catalogue de mes curiosités

ICI

 +:

+:

10259738_1545865852367558_2138007805130743521_n

Tumblr:

 :

*

J'en mets une des miennes ?

Non ?

Si.

Ca va être moins fun, je vous préviens...

Naaan, c'est juste que j'ai enfin fini la retranscription de cette petite chose. Un carnet de 18 pages, écrit en 1715. Par un notaire, parfait petit cochon en transcription !

On reste dans l'animalier...

1715_04_24_7

Et vous savez quoi ?

Ça fait un bien fou !

Posté par nain_de_jardin à 15:22 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : ,

09 décembre 2015

Gnangnan2.0

Alors, alors, mes petits chats, on en est où ?

Parce que bon, ici, on ne reste jamais bien longtemps dans le moyen bien, suivant la formule Matrix, si ce n'est inventée, du moins largement testée par votre serviteuse. A savoir, prendre de la hauteur, regarder ou ça coince, pour revenir de manière plus terrestre à des considérations tirant plus sur le rose que le noir ou presque.

Mon logiciel bisounours2.0.

A l'issue de longues tergiversations sur le marasme certain qui m'envahissait à décrypter, lire et retranscrire des manuscrits, et d'une nuit quelque peu courte, m'est apparu qu'une solution se présentait à moi directement sur l'écran. Comme quoi, il était écrit que je ne quitterai pas mon clavier de sitôt.

A savoir.

Tadaaaam !

Le film gnangnan.

Pour tout vous dire, le Nain a une connaissance cinématographique plutôt étendue. Sachant qu'ici, si la télé dans sa forme la plus triviale n'existe pas, l'écran, si. Et que donc, des classiques des années 50 aux nanars hollywoodiens les plus récents, le Nain a une propension légère à visionner tout ce qui bouge. J'avoue une petite propension aux Marvell et super héros américains. Avoir adoré Intersellar, été fascinée par Inception, jubiler à certains indiens sur le cricket et être en totale admiration devant  le photogénisme d'Audrey Hepburn. Bref, éclectique en tout, y compris le cinéma.

Audrey-Hepburn

Bon, y'a quand même des trucs qui passent pas : les machins hyper violents, les films d'horreur, histoire de pas passer la nuit voire le jour suivant dessus, les westerns (beurk, même avec John Waine), les trucs français jaunasses des années 1970 (à part ceux avec Belmondo, mais ça, c'est plutôt pour le côté nostalgique, parce que franchement, côté scénario et jeu...). Bon, le "vieux fusil" mis à part, qui, bien que jaunasse, est quand même une merveille. Les machins supra intello à délire maso. Les films de boules. Et les trucs asiatiques à karaté. Sinon, je prends tout le reste.

Mais le truc qui me met quand même en joie, c'est les films gnangnans. Les trucs de fille, dégoulinants d'émotions, avec moult rebondissements (toujours les mêmes), des sentiments en veux-tu, en voilà, et une jolie fin bien tartignolle.

Alors ça, ça vous fait remonter l'escalier à vitesse grand V.

Afficher l'image d'origine

A l'issue de ma courte nuit de réflexion, je cherchais donc sur l'écran de mes nuits noires de quoi abreuver mon marasme crypté. Et voilà comment je suis tombée sur THE site à films gnangnans.

Enfin, à tous films, mais, vu mon état, j'ai zappé les comédies dramatiques et autres horreurs inter-galactiques. Bon, je vais pas donner l'adresse, je suis pas hyper sûre qu'il soit franchement légal ce truc là. Enfin, j'imagine que si. Mais on sait jamais, vu que bientôt on aura plus la wifi, je dis ça, je dis rien, c'est dit.

Depuis, c'est guimauve à la maison. Et vas-y que je te fais les comptes de la pépinière sur fond de musique romantique, et que je cavale en descriptions jardinières en toile à bonheurs extatiques.

Jubilatoire.

Bon, faut juste aménager l'écran, que j'ai heureusement fort grand. En haut, à gauche, le film. Sur le côté droit, le manuscrit. Et en bas, tout en longueur, le tableau des retranscriptions.

Depuis, je biche. Je zappe sur les grandes longueurs, rembobine et fignole sur le tartignolle. Bref, je remets les compteurs à l'heure, et retrouve de réels historiques bonheurs.

J'ai quand même eu quelques doutes ce soir... Ai-je retranscris le film, ou le manuscrit ? Pas sûre d'avoir pas mixé les deux en écrit.

Mélangé pot et confiture. 

Tant pis, on verra à la relecture !

Audrey Hepburn on the set of the film 'Sabrina', 1953. Photo by Mark Shaw.:

Posté par nain_de_jardin à 00:49 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , ,



05 décembre 2015

Dépouillée...

Bon, alors, j'ai beau dépouiller ma race, là je saaaature !

P1140307

Nan, c'est vrai quoi, faudrait que ma tête m'accorde 1/2 minute de répit dans l'obligation travailleuse.

Un truc genre "j'm'ennuie, chai pas quoi faire..." traînaillant, un machin à pyjama pendouillant flemmasse qui traîne comme une savate depuis le matin, sachant qu'il est midi. Un truc à cerveau vide, paquet de chips et tartine au milieu de l'après-midi.

Bon, sauf, que là, c'est 23 h 00, un peu loin le quatre heures.

Qu'est ce que je pourrais bien faire pour me distraire ? Le mur ? Aller, je vais en boite... Ouais, mais bien sûr... Je dis ça, je dis rien, je viens de regarder un spectacle de Florence Foresty avec mes petits, c'est pour ça que je me dis qu'un daikiri ou une vodka mandarine, ça l'ferait. Mais en vrai, je vais même pas y aller. Juste en rêve ma cocotte. Quant à aller plonger dans la cave à liqueur, y'a de la marge dans l'erreur.

Aller tient, je vais regarder un truc sur l'ordi... Yeah ! Grande folle va. Sauf que bon, chai pas quoi regarder. C'est pas faute de trucs à voir hein ? Mais là, j'ai pas d'inspiration. J'ai écumé les bébés écureuils, et les chatons. Pinterest ? Ouais, mais comme je ne m'accorde pas le droit d'aller bidouiller de la couture ou du bricolage après, c'est juste maso.

Lire ? Pas bête, j'attaquerai bien un roman bien long, un machin où tu t'endors sur ton lit en plein milieu de l'après-midi. Et où tu te réveilles en sachant plus du tout l'heure qu'il est. Mais tellement dans le colletard que t'aime pas ça du tout. Et puis c'est pas comme si t'avais pas des trucs à finir côté ordi, boulot, toussa toussa. Et puis bon, se taper du manuscrit, c'est lire aussi non ?

Sinon, j'irai bien voir la mer. Mais c'est un chouilla pas vraiment près. Prendre la route à minuit pour manger des croissants au petit matin rougissant sur la plage au soleil levant ? Hum, faudrait réveiller les petits... Cela dit, je peux regarder la mer sur l'ordi. Ouais. Sauf que j'ai pas les embruns, et les embruns, c'est juste l'essentiel.

Je pourrais aussi changer de dossier tient. Allez, trop de bonheur, et si on passait du Ms 5619 au Ms 5620 ? Monter des planches finies. C'est bien ça, des planches finies, ça réjouit. Ouais, bof.

Préparer un truc pour Noël ? Bon, c'est pas comme si j'avais zappé d'aller chercher le calendrier de l'avent à la cave et tous l'accastillage qui va avec. Du coup, les minous compatissants calculent à l'envers. "Tu nous dois 5 jours de bonbons". Oui, parce que je mets des bonbons dans les petites poches du truc. Sauf que là, j'ai même pas les bonbecs, et encore moins les petites surprises qui vont avec. J'ai zappé le truc lorsque je suis allée au marché. J'avais de l'Histoire Naturelle en tête, j'étais légèrement pas dans mes christmas baskets. Heureusement, ma minette est tombée dans les Poinsettia, sur la table de la cuisine, c'est joli, c'est déjà ça.

Afficher l'image d'origine

Du coup, j'ose même pas aller voir les blogs de déco. Ceux où tout est déjà prêt, les bougies de l'avent, les jolies couronnes devant. Ici, on va dire qu'on est déjà en janvier, faut le savoir, y'a eu un espèce de décalage spatio-temporel, le sapin est déjà plié et les violettes sont à la limite de pointer leur nez. On a rangé tous les santons, même les supra mignons trouvés à Naples, à côté des perches à selfies.

Non ? Ca marche pas comme ça, le temps, ça file tout droit ? Crotte.

Faire des cartes de voeux ? Mouahhh! Ça, ça fait des années que je suis devenue goujate. Plus le temps. Avant, je fignolais le truc hein, toutes à la main, des plantes collées, genre herbier, du kraft, des beaux papiers, les timbres associés. Ça, on a fait une croix dessus. Je fais des bises en direct, ou les envoie par voix quantiques, c'est plus pratique.

Bon, ben du coup j'écris. Tient, ça me change un peu du clavier historié. Et puis je suis allée me chercher un yaourt dans le frigo. J'ai fait exprès d'oublier le verre d'eau. Comme ça, faudra que je me relève. Ça fera un peu d'animation dans la retranscription.

Et dormir ? Ouais, c'est aussi une solution...

I can get no, retranscription...

Posté par nain_de_jardin à 23:33 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

30 novembre 2015

Cavalière posture

Rhhhhaaaa, le plaisir de ce matin ! Oh, un bonheur absolu.

Fallait que je couche ça sur mon clavier.

J'y ai pensé pendant tout le trajet de l'école, c'est dire.

Alors, alors, c'est quoi hein ?

C'est quoi ?

C'est quoi qui te fait bicher comme ça ?

Voilà. Il y a moult années de cela, dame Nain avait investi comme une brute. A savoir dépensé l'astronomique somme de 500 francs (ouais, maintenant ça le fait plus, 76 euros, c'est le prix d'une baguette) dans l'achat d'une petite merveille.

La petite merveille en question avait deux roues, et une origine batave du plus bel effet.

Un vélo.

A bon, tout ça pour ça ?

Mais attend, pas n'importe quel vélo.

Un Nhollandais mâdâme. Un truc sans doute volé à Amsterdam entre deux quais, et refourgué au cul d'une cave. Ok, j'avais pas trop été regardante à l'époque, vu l'état de mon porte-monnaie, j'avais fermé les yeux sur le probable vol batave.

En attendant, la chose, amster ou pas, avait fait jubiler la dame.

Une mer-veille.

Point besoin de vitesses, tout est dans la posture. Le dos bien droit, montée sur le fidèle destrier, dame Nain avait alors tout de la cavalière monture. Un guidon en guise de rênes, et hop ! J'hésitais alors entre l'élevage équin et le cadre de Saumur. On est sur ces vélos, madame, comme un cavalier en sous-bois, d'une classe inégalée et d'un maintien de roi.

Bref, avec ce vélo là, j'ai kiffé ma race.

Et puis j'ai rencontré monsieur Nain.

Qui lui, voyant l'état du batave destrier et aimant sa cavalière attitrée, c'est dit qu'il ne pouvait pas laisser sa propriétaire dans cet état.

Parce bon, il est vrai que la bête avait des kilomètres au compteur, présentait moult taches de rouille et autres poques du plus bel effet. Et une cagette en guide de panier, avec laquelle je ne vous dis pas tout ce que j'ai pu transporter. Mais bon, dame Nain bossant dans la patine, le vieillot et l'ancien, sa monture avait quelques rapports avec les siens, alors...

super_h_1

Me voilà donc, outre un mari tout neuf, dotée d'un nouveau vélo, quasiment aussitôt volé dans l'oeuf.

On reprend donc notre brave hollandais.

Puis d'un troisième, fabriqué sans nul doute par de petites mains asiatiques. Dont il fallut refaire l'ensemble de la visserie, doter le cadre de boulons anti-vol et autres joyeusetés techniques. Au final, une fois passé dans les main de monsieur Nain, l'engin présentait bien.

La bête étant accastillée, me voilà repartie avec un machin des plus costaud, mit selle ++ with gel en silicone, panier croisillons, boulons papillons, etcétéra, étcétéra... Tout était bon dans le tromblon.

Bon, dire que le plaisir était le même... J'allais pas jusque là.

Je gardais donc ma baderne batave en cave et roulait benoîtement avec le flambant neuf assez lourd en vitesse, mais brave.

Jusqu'à la semaine dernière. Où sans doute énervé par mon destrier accroché à sa poubelle, un vil concierge s'en servit comme défouloir à coups de pelle. Oh, il ne dérangeait personne, ce brave vélo là. La poubelle avait été sortie puis rentrée depuis longtemps. Il était juste là, bravement accroché, attendant patiemment le retour de sa cavalière, dont les minous avaient 2 ou 3 trucs à faire (vous avez vu comme c'est chargé un agenda de minous ?). Bref.

Lorsque je repris l'engin, il grinçait, peinait, soufflait, frottait. On sentait la bête en souffrance, et prête à rendre l'âme sur la bande d'arrêt d'urgence.

Là, en attendant le retour de son maître en technique attitré, parti travailler à l'étranger, la petite reine fut nettoyée par sa propriétaire, re-graissée, et rapidement analysée. Roue arrière voilée. Rien à faire.

Y'avait du gite dans la voilure, ça brinquebalait dans la droiture. Bref, à moins de réinvestir, c'était foutu en devenir.

Là, dame Nain sentit qu'il fallait faire quelque chose.

Trois solutions.

La première, la plus logique, aurait été de réparer la chose. Sachant qu'une roue coûte aujourd'hui le prix d'une bête entière. Joie consommatrice à mondialisation industrière productrice. Nul.

La deuxième, acheter donc un nouveau destrier, et vendre pour pièces détachées l'ancienne dans un boncoin annoncé. Possible.

Mais peu rapide, or dame Nain, son vélo, c'est son auto. Un peu trop lent dans le tempo.

La troisième encavée réveilla en dame Nain d'anciens instincts cavaliers. Et si on allait voir du côté batave de la force motrice à pieds ?

Tadam ! Vive Amsterdam !

Et ce matin, oh, ce matin, et bien c'était plus que bien.

Joie, bonheur dans les coeurs.

Dame Nain a retrouvé sa posture cavalière d'antan. Une légèreté, une subtilité, un petit côté aérien, pour un peu, je me serais crue en forêt à équin.

Un pied, mais un pied... Y'a rien à faire, quand c'est bien conçu, la technique c'est le bonheur absolu.

Bref, il est vieux, il est moche, il a des jantes à faire pâlir la moindre semelle séculaire à botte crottée forestière, mais c'est une merveille à rouler, un plaisir infini cavalier.

On est décidément peu de chose.

Un vélo, un cavalier, et voilà comment commencer divinement une journée...

super_h_2

Posté par nain_de_jardin à 10:18 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags :

19 novembre 2015

Après ça...

Qu'écrire après ça...

Quels mots choisir ? Quelle langue ? Quel vocabulaire ?

Haïr, s'insurger ? Rugir, pleurer ?

S'inquieter. Se terrer. Renoncer ?

Renoncer à l'essence même de notre humanité ?

La Vie ?

S'il est un renoncement unique, une seule part de mon humanité à laquelle je devais renoncer.

Ce ne serait pas la mort.

Ce serait la peur.

Alors voilà, je l'offre en cadeau, la prend qui veut.

Moi, je n'en veux pas.

*

 

 

 

 

Posté par nain_de_jardin à 22:37 - Commentaires [6] - Permalien [#]

09 novembre 2015

Et après ?

Ben oui, tient, et après ?

Et après avoir pris 12 miyon de clichés aux archives, qu'est ce qu'on fait ?

Alors sur le papier, c'est simple. L'historien passe sa semaine à son bureau, à retranscrire les documents qu'il a trouvé, en toute quiétude pendant ses 8 heures réglementaires, voilà, voilà. Petites pauses resto, café mit collègues, papotage, et tout le tintouin qui va bien.

Mais ça, c'est la théorie...

Chez dame Nain, vous l'aurez compris, il n'existe rien de tout cela. L'exercice relevant plus parfois de la haute voltige en direct que de la tranquillité administrativement correcte.

A savoir que déjà, côté horaires, c'est juste n'importe quoi. Vu qu'ici, mon bureau, c'est aussi mon chez moi.

Vous me direz, c'est pratique.

Ben oui et non.

Parce que bosser chez soi, cela suppose de fermer toutes les écoutilles, d'opter pour une discipline de fer, d'être hyper réglo sur les horaires.

Mouaaahhh, mort de rire. Rien qu'à l'écrire.

C'est qui qui bosse encore à 2 heures du mat, en sachant que son lit est de l'autre côté de la cloison ? Et ben c'est bibi ! Ça, dans un bureau normal, ça se fait pas, c'est dit. Quand on bosse à la maison, par définition, c'est tout le temps. Pas de répit pour les braves.

Et dans la journée du coup ?

Ben tient, on va prendre aujourd'hui. Pas mal aujourd'hui les horaires et lieux de boulot.

Premier constat : il était dit qu'on allait en chier en peu. Vu que le pneu de mon vélo a décidé de rendre l'âme de bon matin, le vilain.

Or, le vélo, c'est la vouature de dame Nain.

Allons-y donc, c'est parti pour un accompagnage de minous en transport en commun, bondé à la mauvaise heure, joie bonheur dans les coeurs. Après, retour en métro genre panier de chats, même combat. Cela dit, des années de pratique aidant, maintenant je sais. Je sais qu'il faut que je monte en dernier, quitte à faire des amabilités :

- "Allez y, je vous laisse passer.

- Non, non, c'est bon, je vous en prie, montez.

- Vous êtes sûre ?

- Woui woui, je suis sûre." (t'ain, dépêche, les portes vont se refermer....)

La petite technique en question m'évite de me retrouver à brandir mon sac à main telle une Jeanne d'Arc du Métroplitain pour éviter l'haleine pas forcément amicale de mon prochain à effluves animales. Du coup, tant qu'à faire, tant qu'à se coller, autant que ce soit le dos tourné, le regard au loin, le nez scotché sur le couloir emmuré. Là, au moins, je respire à peu près.

Les loulous, eux, sont placés plus bas, c'est déjà ça.

Éjection quelques arrêts plus loin. Respiration. On finit à pieds.

Après, je reviens.

Café, ordi, 2 heures de dispo.

Ben oui, deux heures, parce qu'après, faut juste à nouveau reprendre le métro.

Et aller chercher le milou doté d'un dentier type centrale nucléaire, et le conduire avec célérité chez l'orthodontiste pervers.

Ben ouais, pervers. Qui pour vous punir d'avoir raté le dernier rendez-vous du mercredi, vous en colle un bien gratiné à midi.

Le minou psychote : "et si je n'ai pas le temps de me brosser les temps ? Je vais me faire jeter". Ouais, bon, c'est plutôt moi qui me fait jeter. Par l'assistante dentaire, qui, heureuse de pouvoir se lâcher un peu, revient deux fois pour vous dire que l'apprentissage du brossage de dents, c'est pas fait pour les chiens ni les orang-outangs. Le tout avec un regard lourd de sous-entendus, cela va sans dire.

Enfin, ça, c'était la dernière fois. Là, le minou a tellement eu peur que sa mère se fasse encore regarder de haut qu'il a passé 10 minutes à frotter frénétiquement ses quenottes métallisées.

Point de reproches cette fois-ci donc, tient, c'est étrange. Faut croire que la journée n'est pas encore assez avancée au baromètre d'énérvement de l'assistante dentarisée.

Et qu'est ce qu'elle fait dame Nain, pendant que le jeune homme se fait tripoter les dents ? Ben elle bosse ! Elle a ouvert son ordi sur ses genoux, et elle retranscrit. Décalage certain, voire un certain décalage entre deux "ELLE" et un "GALA", et les archives remises à plat. Voilà voilà.

On repart avec le minou rassuré, re-métro. Moins plein au moment du restau.

Arrêt crunch à la boulangerie du coin. Et reposage du minou à l'école.

Bon, après, le Nain n'ayant pas pour propension à naviguer toute la journée en transport à communauté, et qu'il doit bosser, il se pose.

Alors, alors, où est-ce que je vais bien pouvoir aller ?

Au départ, j'avais prévu la bibliothèque du quartier. Mais, crotte, c'est lundi, et c'est fermé.

A la bibliothèque de la Faculté ? Un chouille loin. Allons-y pour une deuxième boulangerie. Un café, et l'ordi ouvert à côté.

Sauf que bon, les boulangeries, ça peut sentir bon, ou pas. Et qu'en plus, y'a rien où brancher mon ordi choupi qui, lui, commence à crever la dalle.

Evacuation de la boulangerie, en quête d'un rade électrifié. La salle d'attente de la gendarmerie ? Ca pourrait être fun. Entre deux affiches sur l'agression et des prospectus sur le vol de brugnons. Sauf qu'il me faut juste un peu de concentration, et que sur ce coup là, je suis pas sûre que ça le fasse. "et vous l'avez vu votre agresseur madame Dutrognon ?".

Non, pas la gendarmerie.

La salle d'attente de la sécu ?

Si je passe les videurs, ça peut être une solution. Sauf que si je sors le bout de la queue d'une prise... Non, on y pense même pas. Et en plus, je risque de recroiser Jean-Pierre, qui, lui, sait parfaitement bien ce que c'est qu'une vie de bourreau. J'ai beau retranscrire la Terreur, autant éviter la mienne.

Le troquet du coin alors ? On tente. Le monsieur m'indique une prise à côté des wawas. Hum, joie bonheur, je prends, vue l'heure. Et branche mon ordinateur.

Après, côté concentration, on repassera. Entre les relents de petits blancs (franchement, ça sent la croquette), les blagues de comptoir et la vie édifiante du charcutier du coin, pas toujours évident de se plonger dans les comptes d'André Thouin.

Mais qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse, et j'attaque les comptes-rendus de Conseils Municipaux du XIXe avec joie et liesse. Ben oui, je passe de la Terreur à l'horodateur, sinon, ça lasse...

16 h 20, paf, le chien, quittons ce rade hospitalier à atroce café (rarement vu pire...) pour nous relancer dans la récupération enfantine, et  le métro bondé...

Goûter...

Et là, tu fais quoi ?

Ben c'est 21 h 00, alors du coup, je bosse !

Rhhhhaaa... Et un bureau ailleurs ? Ça serait pas le bonheur ?

Naaaannnn !

Ma liberté a parfois des goûts forts en café, voire des relents de petits blancs limés, mais tant qu'à rester dans l'agrume, bricoler en histoire, c'est toujours jubilatoire...

Alors...

il_570xN

 

Posté par nain_de_jardin à 21:08 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , ,

18 octobre 2015

CNAAAAAMMMM !

Allez, tient, dans notre série "c'est du vécu", aujourd'hui, "vis ma vie à la sécu".

Alors non, je ne navigue pas entre les Archives et la Sécu. Dans l'histoire je suis, dans l'histoire je reste. Chacun ses passions.

Mais quand on a une petite propension au décalage spatio-temporel, la confrontation avec certains concepts contemporains tient parfois à la haute voltige.

A savoir : un changement de statut.

Sur le principe, c'est bête comme chou un changement de statut à la Sécu, hein. On passe de la case A à la case B.

Alors, premier obstacle, avoir impérativement touts les papiers. Une forêt de boulots.

Mais pas forcément des plus simples. A savoir, un chouille de contrat là, un statut auto-entrepreneur ici, des missions au loin, des contrats de bouquins. Bref, le Nain est mÔderne comme dirait l'autre. Il sait que le CDI, c'est pas pour lui. Que sa vision du travail s'apparente plus à celle de l'Ancien Régime qu'à l'actuel. Que si l'argent il veut rentrer, les postes il doit multiplier. Qu'à l'identique du rémouleur ou du vendeur de bouts de galoches, il doit avoir plusieurs mousquetons à ses poches.

Il a compris aussi il y a fort longtemps que le système, c'était le système, à savoir un vortex genre trou noir, et que le prix de sa liberté se situait à la périphérie du truc. Autrement dit, que si je veux jardiner à loisir, historier à plaisir, tout en espérant vivre de la chose, autant fuir le trou noir pour voguer dans ma propre galaxie. Proche du système, mais pas trop près non plus.

Voilà, déjà, une fois qu'on a posé le concept de l'indépendance, rien qu'au franchissement de la porte de la Sécu, on sait, pour parler cru, que ça va chier dans la colle.

Aller, courage et détermination cocotte, va falloir y aller. Porte franchie. Trois "agents d'accueil". Autrement dit, des gros bras. Le mec qui t'empêche d'accéder à l'appareil qui distribue des tickets si t'as pas de raison d'y aller. Ca doit le faire ça, quand on demande à ces messieurs ce qu'ils font dans la vie. -"Je suis  agent d'accueil à la Sécu". - "Rhhhaaaa, mais attends, t'as fais des études de videur ?". - Vision fugace du sketch de Dany Boon : - T'as des bâskets ? Tu rentres. T'a pô de bâsckets ? Tu rentres pô". " C'est môa qui dit c'est ki qui rentre dans la discothèque et c'est ki qui rentre pô".

Alors, on se colle un sourire genre "the mask" sur la figure, et on essaye de franchir l'entrée du nigth club. Voix flutée genre petite dame perdue : "heuuu, je viens pour un changement de situation". En vrai, le Nain est mezzo-soprane et a déjà fait éclater un certains nombres de tympans de mères apeurées lorsqu'elle appelait ses enfants au square à l'heure du goûter. Mais en tant que mezzo-soprane, elle sait aussi très très bien faire la petite voix flûtée, ainsi que moult accents divers et variés. J'ai un gosier de caméléon. Bon, cela dit, j'allais pas prendre l'accent de Mickey pour accéder au ticket. Mais je sentais bien qu'il fallait pas que je la ramène trop.

ciel_mes_bijoux

- Vous avez tous les papiers ?

- Woui...

- Vous êtes sûre ?

- Woui...

- Bon, on va prendre un ticket.

Sachant que c'est pas vous, hein, qui appuyez sur le bouton, c'est le videur, heu, pardon, l'agent d'accueil. On sait jamais, y'a quand même trois boutons différents. D'ici à ce que vous finissiez par commander un menu best of en appuyant sur le bouton "conseiller"...

Bref, on attend. Après, on pousse la porte C, et là, on tombe sur un charmant et fringuant jeune homme. Ohhh... Qui après avoir consulté la forêt de boulots, vous dit qu'il n'y a aucun soucis, que les portes du monde enchanté de la situation B vous sont grandes ouvertes. Magique. On repart avec un autre papier, où y faut bien remplir toutes les cases. Facile Émile

Étape 1, franchie.

Après, on remplit le papier.

Grandes questions existentielles sur le papier. En bas, vu que c'est moi qui demande, faut pas qu'il y a la signature de mon cher et tendre si ? Non ? Phrase sibylline... Petite musique d'ascensseur intérieur... Plouf plouf, allez, toi, tu signes pas, on verra !

Étape 2. Retour à la Sécu.

Re-videurs, re-tickets. Re-porte C.

Ouh, il a bien changé le conseiller : Jean-Pierre, 51 ans, à un an de la retraite donc. Genre "avant, j'étais routier". Voilà, voilà. Regard méprisant. "T'ain, encore une meuf".

Re-voix flutée. "J'apporte mon dossier".

"Non, mais attendez, c'est quoi ce merdier, moi, si vous n'avez pas été salariée dans les 3 derniers mois, je prends pas".

Paf le chien.

Alors attends Jean-Pierre, faut pas me la faire. C'est qui qui dirige Dédé le camionneur et Roger le pelleteur sur les chantiers ? Et ben c'est moi monsieur. Et à priori, ils filent doux. Va falloir veiller à pas me manquer de respect.

Ou de planquer son incompétence derrière des airs de routier désabusé.

J'enrage. Utilise ma vraie voix de mezzo-soprane (autrement dit, tout l'immeuble m'a enttendue). Et part en claquant la porte.

Naaan, mais attend. Ce crétin a bousillé ma journée.

A la veillée, retour sur image avec le mâle. Qui, aussi geek que sa dulcinée, et plus que légèrement énervé, va de ce pas consulter sur internet les 12 tomes du règlement de la Sécu.

Pour finir par constater que Jean-Pierre, c'est juste un gros blaireau qui aurait mieux fait de rester dans son 38 tonnes (quoique, vu la bête, ça devait ramoner sur l'autoroute). Bref, qu'il m'a juste raconté n'importe quoi... Y'a des salaires qui se perdent. Je dis ça, je dis rien.

Re-re-retour à la Sécu donc.

Étape 3

Passage ticket. On va finir par devenir potes, et en plus, j'ai des bâskets.

Prière fervente à Saint Antoine : "pourvu que je ne retombe pas sur ce crétin de Jean-Pierre, pourvu que je ne retombe pas sur ce crétin de Jean-Pierre".

Merde, encore la porte C. Sueur froide.

Jeune dame noire à poitrine généreuse. Chouette, une maman ! De sueur, en lueur. D'espoir.

La prière à Saint Antoine a bien marché, et en plus, la dame prend mon dossier. "Faudra juste me faire parvenir le formulaire 24 C. Mais l'amenez pas tout de suite. Le temps que vos pièces soient scannées (oui, oui, maintenant, ils scannent les papiers à la Sécu), y'en a bien pour 3 ou 4 semaines. Si vous l'amenez avant, ils sauront pas ce que c'est, et votre lettre finira à la poubelle".

Ben tient.

Hum, ça sent l'organisation tout ça... Un vrai bonheur.

Cela dit, la petite dame était charmante. C'est déjà ça.

Deux semaines plus tard donc, re-re-re-retour à la Sécu.

Étape 4

Apportage du papier. En mains propres. S'agirait pas que mon courrier finisse aux oubliettes.

Re-videur (ça va les enfants, et la petite dernière ?). Re-ticket. Tout juste si j'ai pas le droit au café avec le menu best of.

Poste C.

Merde...

Jean-Pierre.

Bon, vous imaginez la suite. A savoir que Jean-Pierre l'hyper compétent n'a aucune trace de ma rencontre avec la petite dame précédente. Que ça sert à rien de poser le papier, vu que le dossier n'existe pas. Et que de toutes façons, s'il est au scanner, et ben, il n'y a pas accès. Que par contre, si je fais le 3646, ben eux, y sauront.

images

Alors, comment vous dire ? Jean-Pierre ?

Naaan, je dis pas, j'ai déjà dit suffisamment de grossièretés. On va rester dans le frais, le délicat, l'attentionné, le bienveillant, le guilleret, et l'avenant.

Haummmm... Haummmm....

Étape 5

De retour à la maison. On compose le 3646

Après moult touches écrasées à x euros la minute, et, en toile de fond intérieure, le sublime "faites l'étoile", qui me réconcilie même avec le répondeur du RSI...

ByGAsKlIcAAbSZB

 Un charmant jeune homme (le premier bureau C ?)

Qui me confirme bien que Jean-Pierre est un très très gros blaireau. A savoir que eux non plus, ils ne savent pas où en sont les scans. Mais que par contre, lui, il sait a priori se servir de son ordinateur, et peut voir que mon dossier est bien en cour de traitement.

Pfiou...

Étape 6

Pluie torrentielle. Le videur est devant la porte de la Sécu :

- "Nan, on rentre pas, y pleut, faut passer par la porte de derrière."

- "Attends, regarde, j'ai des bâskets. Et en plus, je vais juste à la boite aux lettres".

Pfiou, ça a été juste.

Étape 7

T'ain, ça devient long cette histoire...

Courrier reçu du matin. Eceki ? Ben célaséku ! Fallait mettre les DEUX signatures. Voilà voilà.

Bon, ça progresse hein, vu que c'est pas le papier original qu'ils m'envoient, mais le scanné !

Joie bonheur dans les coeurs.

Étape 8

Une fois la bête signée, on la ramène à la maison, ou autrement dit, à la Sécu.

Re-videur (et ça va Mamie Paulette ?).

Bon, sauf que le Nain est perfide, et aime bien de temps de faire profiter ses contemporains de ses interrogations existentielles. A savoir mettre le nez du videur dans le papier pour lui montrer que c'est juste incohérent de demander DEUX signatures (cher et tendre et votre serviteuse) alors que c'est UNE personne qui demande (à savoir moi en tant que moi-même).

J'ai juste l'impression d'être au XVIIIe siècle. A savoir à l'âge ou madame, avant de passer l'arme à gauche devait faire acte devant notaire pour demander à ce que son mari lui accorde avec mansuétude ce qu'on appelait alors joliment son "autorité". Ou autrement dit le droit de disposer de ses biens, histoire qu'elle puisse les transmettre à qui elle veut. Après, elle avait le droit de faire son testament comme une grande.

Bref.

Autant vous dire que le videur m'a regardée comme si j'étais une terroriste qui allait ruiner en une seule phrase l'ensemble de ce si beau système, pourtant si bien huilé. J'ai ensuite été priée d'aller me faire voir en Ouzbequistan du Nord (remarquez que je n'ai pas dis "chez les Grecs", ce qui aurait vexé une de mes fidèles lectrices d'outre-îles ensoleillées aux posts cantiniers au combien appréciés). Ou autrement dit - "que c'est pas votre histoire ma petite dame. Et qui manquerait plus que les assurés s'occupent de changer les papiers".

Le monsieur a agrafé la lettre reçue, et le formulaire 24 C : "- Voilà, vous pouvez le mettre dans la boite maintenant.

- "Ah, bon, je vais pas voir Jean-Pierre aujourd'hui ?"

Naaannnn, j'ai peut-être de grandes questions existentielles en signature, mais je ne suis pas maso non plus :0)

A défaut d'être assurée, me voilà rassurée. Enfin rassurée, j'ai toujours pas de nouvelles de la chose. A mon humble avis, va y avoir une étape 9...

CNAAAAAMMMM, je vous aimmmeuuu !

 

Posté par nain_de_jardin à 00:48 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags :

13 octobre 2015

Vis ma vie aux archives

J'étais bien partie tient... Ca fait un petit moment en fait.

J'avais des tonnes de trucs à vous raconter, j'écrivais dans ma tête.

Ça s'appelait "vis ma vie aux archives".

C'était il y a 15 jours. Dans une charmante petite grande ville en goguette.

Si je dis petite, et que je dis le nom de la ville, je risque de me faire appeler Marcel pour tout ceux qui considèrent qu'elle a tout d'une grande. Du coup, va pour la "petite grande", on ne vexe personne... Bref, elle fut grande, moult années de là, mais elle est quand même vraiment cht'iotte maintenant.

Cela dit, elle est belle comme tout.

Bref, me voilà partie faire des recherches en archives, avec toujours ce petit truc au fond de la gorge lorsque je suis en goguette. Une sorte de retour aux sources à chaque fois (admirez le jeu de mots...). Avec un concept de départ qui me rapproche encore plus de mes vertes années : faut pas trop que ça coûte. Double retour aux sources donc. Ben oui, l'étude du nouveau jardin en cours a de tout petits moyens, alors la first classe et l'hôtel 3 étoiles, on regarde de loin.

Cela-dit, on regarde toujours de loin :0). Mais bon, là, y'avait défi.

Allons-y donc pour l'éco. 3 heures de train, pas de TGV. Cling, c'est toujours ça de moins dans l'escarcelle.

Choix d'un hôtel minimaliste. Mais quand même à côté d'une superbe église. Ca l'fait. Double cling.

Les wawas et la douche sur le palier, et la fenêtre qui ne ferme pas concourent au charme de la chose. Tant, pis, en avant comme avant, ou plutôt comme hier. Pour contrer les petits filets de vents glacés, en guise de couvertures, on rajoute la veste, le manteau, les écharpes et autres trucs sensés jouer le rôle d'un édredon.  Qui finissent obligatoirement en tire-bouchons. Triple cling.

Après, y'a les archives.

Souvent, c'est neo-pompidolien. A savoir doté de tables en formica, de néons du plus bel effet, de blafardes lumières pseudo carpates, avec, côté carpette, le chuintement de la semelle sur le lino. Ah, le chuintement de la semelle... On aimerait rentrer en lévitation.

Mais là, nul besoin ma brave dame. Du parquet, de chène, sécculaire. Par terre, sur les tables, en boiseries, et sur les plafonds. Un ancien palais... Régal pour les yeux, y'a même une cheminée. On se rêverait au coin du feu. Bon, les neo-pompidoliens ont quand même sévi à l'entrée, avec investissement en banques d'accueil d'environ 1,50 m de haut, ce qui complique un chouille la communication. Le monsieur qui a conçu ça devait avoir en tête l'alongement de la population. Allez-savoir... Sachant que le public archivistique étant plus généralement proche de la sénilité que de la prime jeunesse échevelée, les pauvre petites dames voutées qui généalogisent à mort ont parfois quelque peu du mal à dépasser le comptoir en bord. Passons.

Dans la salle, deux vieillards chenus, penchés sur des actes de 10 fois leur âge. Mise en abîme...

Sentiment de jeunesse retrouvée. Le poids des ans m'abaisse en temps. Là où le rhumatisme règne, je glisse, virevolte en cartons, me retrouve comme à 20 ans en comparaison d'antan.

Après, il y a la jubilation de la découverte. Rhaaa, le dossier jamais ouvert. Jamais. Enregistré, ok, mais plus jamais consulté. Mieux qu'un monchéri dis donc. Parce qu'à l'intérieur, à défaut d'alcool fort, y'a des trésors. Du coup, le nain jubile. Et partage. On fini par être très potes avec les archivistes, en se bidonnant sur la série 4 E 119 12. A chacun son humour hein...

Après, y'a le dej. Vu qu'on est en tarif éco, on applique le vieux principe estudiantin. On prend la chambre d'hôtel avec petit dej. Petit dej qui va servir à la fois de petit dej, de dej, et de dîner. Quadruple cling. Bon, après, faut quand même être discret quand on flanque la moitié du panier de fruits dans son sac à main (toujour choisir un grand sac). Sinon, ça fait un peu radin. A retenir, outre la pomme, la petite plaquette de nutella hôtelier qui finit en beauté un repas petit déjeuner. Ne pas prendre de bananes, ça sent pas bon une banane. Dans un train, c'est une torture. En archive, on oublie d'office la procédure.

Cavalcade en archives donc, le temps est compté. L'appareil numérique accélère la chose. On dévore du vieux papier comme une photocopieuse survoltée. Les archivistes concourent. Et courent, allez, hop, fini le 4 E 119 12, on passe au 13 ! Quitte à se planter dans la commande en prenant machinalement la suite en rayon.

Sauf, qu'en archive, le classement, c'est toujours coton.

A la suite du 4 E 119 12, y'avait pas le 13, mais 96. Va savoir Edouard. Me voilà projetée cent ans plus tard, qu'est ce que c'est que ce bazar ? Retour à l'envoyeur. Dans la bonne humeur. Poilade en 4 E 119 96.

Après, le soir, y'a la télé ! Rhoo, alors ça. Contraste. Parce que le soir, faut traiter les clichés. Transférer les fichiers, trier, voire commencer à décrypter. Tout ça devant des niaiseries improbables. Ça crée de curieux liens ce machin. Ou comment associer les cht'is à Los Angeles avec les photos de la série S. Ben oui, tant qu'à faire. Parce que pour l'intello, on connaît déjà, on sait où aller chercher, qui du podcast enluminé, ou quoi de l'émisson enculturée. Mais la niaiserie ?  Vu que la télé, chez moi, y'a pas, la niaiserie, généralement, on oublie.

Mais quand l'écran est là, autant observer la chose. Et zou, après les jours archivés, petite étude ethnologique sur le débile en télégénique.

Cela dit, ça lasse assez vite le trop. Et on finit sur la vie des hippo ou l'architecture du Bas-Hainaut en deux coups de cuillères à pot. Bah oui, parce que vue la classe éco, pour ne pas manger mon nutella avec les doigts, j'avais aussi fauché une petite cuillère avec le petit déjeuner. Rendue à la fin, cela va sans dire, enfin !

Voilà comment, après une semaine entre la pomme et l'archivage, me voilà de retour dans mon TER à arrêts volages : "merci d'attendre l'arrêt complet du train pour descendre". C'est vrai qu'on a pas trop envie de rester dans le tacot.

Après, le constat est fait : 3500 clichés.

Là, on est plus en éco.

Y'a pas à tergiverser, maintenant faut décrypter.

Mais c'est tellement bon...

Posté par nain_de_jardin à 21:45 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : ,

05 septembre 2015

Beau, juste beau...

Aller, tient, juste parce qu'un petit coup de sublime, ça fait du bien.

Que la nature, à elle seule rattrape tous les lapins crétins.

Et qu'en plus, c'est gratuit. Ça se négocie pas.

Que c'est pas vendu au rayons andouillettes.

Et que quand on regarde, ça fait du bien à la tête.

Aller zou !

*

Salar de Uyuni. Champ de sel. Bolivie

bizarre-strange-real-images-not-photoshop-6

*

Météorite au dessus du mont Rainier à Washington

*

Nuages lenticulaires

bizarre-strange-real-images-not-photoshop-12

*

Paysage de Zhangye Danxia à Gansu, Chine

bizarre-strange-real-images-not-photoshop-15

*

Nuages mammatus

bizarre-strange-real-images-not-photoshop-13

*

Nuages Undulatus Asperatus

bizarre-strange-real-images-not-photoshop-11

Celui-là, on dirait du Van Gogh...

Posté par nain_de_jardin à 23:59 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : ,

30 août 2015

Crétinisme en lapins

Les enfants sont-ils des crétins ?

Ouh, là, où tu vas là ?

J'en vois qui commencent à s'insurger : "Ah, non ! Pas les miens en tout cas !".

Mais non, et les miens non plus d'ailleurs.

Alors pourquoi ?

Pourquoi l'ensemble ou presque de ce qui est destiné à nos chers petits baigne dans un univers de crétinisme total ?

Je passe sur la télé, j'ai pas trop de références sur ce coup là.

Mais, si, à l'identique de la famille nain, vous allez de temps en temps errer dans les supermarchés, à la recherche de matériels divers et variés, on peut se poser la question.

Rayon brosses à dents : 12 milliards de références différentes, avec schmoutz à roulettes, mit fil dentaire, con couleurs, with plaplaque gratte-langue. Tout est bon dans (l'ex) soie de cochon.

Oui, oui, au tout début, les brosses à dent étaient faites avec des soies de sanglier (soit un gros cochon, on va pas tergiverser), et après avec celles des blaireaux. Aujourd'hui, c'est du pétrole compacté.

Autant vous dire que y'a un sacré passé côté fabriquants de brosses à dents.

Bon, une fois passé le rayon adulte, et fait à peu près 500 mètres, on arrive aux minous.

Là, on peut pas rater le rayon : couleurs criardes, manches improbables, ou pour dire les choses telles qu'elles sont : on se demande si les gens qui conçoivent ce genre d'instruments n'ont pas, à défaut de la brosser, fumé la moquette et abusé de substances illicites. Passons sur le corps de girafe violette difforme, à tête de brosse. Je vois mal mes nains se brosser les quenottes avec une tête de girafe. Ce qui du coup, donne un côté assez dadaïste à la chose. Mais ça, c'est pour la vision intello du rayon.

Après, y'a des dragons à ventouses, jaune et vert à petits pois pour les 2-6 ans. Et des lapins crétins.

3356056231

Alors voilà, 500 mètres pour les grands, et 30 cm pour les petits. Et moches.

Pas trop le choix, on prend les lapins crétins à ventouses.

Protestation des nains : "mais ça va pas non, on va pas prendre des lapins crétins !"

Ben si. Tant pis. Vu l'agoraphobie familiale, dotée qui plus est d'oreilles de compet qui font que la moindre musique de supermarché s'apparente au décollage d'un 747, on va pas traîner 1000 ans là-dedans. On négocie en leur disant qu'on allait leur flanquer un coup de vernis sur la tronche (aux lapins, pas aux nains) et que tout irait bien dans le meilleur des mondes sans caries.

Sinon, côté dentifrice, le rayon enfant, c'est goût fraise.

Goût fraise... Sucré donc.

Je sais pas vous, mais moi, je trouve que ça créé de drôle de cheminement dans le cerveau de se laver les dents avec un truc sucré. On est censé l'enlever le sucre, histoire que les crobes s'en nourrissent pas. Pas inscrire genre Pavlov que se laver les dents, c'est se sucrer le bec en même temps...

La réflexion vaut pour tout le reste de la nourriture pour lapins. Parce que oui, les industriels estiment qu'il existe des aliments spéciaux pour enfants.

La vache qui rit par exemple.

C'est bourré de sels de fonte la vache qui rit. Autant pas trop réfléchir sur ce que font les sels de fonte dans l'organisme d'un petit (ou d'un grand). Même combat pour le Kiri (moins vache en apparence, et pourtant...).

Côté céréales ou boissons, pêtés de sucre, on est plutôt dans la vision LSD.

A savoir que, si on a bien tout compris aux messages inscrits sur les boites, la seule ingestion des produits en question :

1- T'envoie au plafond

2- Te fais rire comme un con

3- Te fille l'énergie d'un zébulon

4- Te donne des hallucinations

Drôle de rapport à la nourriture quand même... Entre sniffer du Nesquik ou se shooter au Prince de Lu, on hésite.

Et on finit au rayon bio.

Bref.

Après, on erre un peu, histoire de trouver 2 ou 3 autres machins.

Rayons vaisselle jetable, 500 mètres accordés aux anniversaires. Saturation en Disney, "Libérée, délivrée...". Pas d'autre choix pour les filles que de finir princesses à frous-frous ou putasses à paillettes (ben oui, attend...) moulées dans des mini tee-shirt, et jupe raltouffe assortie.

Suis-je bien sûre de vouloir que ma fille idolâtre cet univers là ?

Non.

Ca tombe bien elle non plus. Pfiou...

Ben ouais, pfiou.

Parce qu'après, je vous passe le rayon vêtements, où les frous-frous et la paillette caracolent en tête, la vaisselle, où la moindre assiette pour petit s'orne d'une bagnole rouge (au moins, ils sauront dire "voiture" in english), le moindre verre de dragon ball Z, ou autres zéro improbables à costumes moulés, aux traits agressifs, si possibles armés d'une épée, ou d'un machin prêt à vous zigouiller.

Voilà : pour les filles, point de salut sans le rose, la paillette et le look starlette, et pour les garçons, de l'agressif, du super-héros et du violent qui pête.

Tutututu... Petite musique de supermarché.

*

Si on projette un peu, quand ils seront grands nos petits, ce sera ça leur univers ? Vraiment ?

Côté filles, des maisons à paillettes remplies de moumouttes roses, débordantes de chamalows violets, de pouet-pouet à kikis et autres objets à crétinisme benêt ?

Et côté garçons, des grosses bagnoles rouges, avec moteurs qui font du bruit et conducteur bourrin, histoire de faire peur au voisin ?

Ah, c'est déjà le cas ?

Merde.

*

Et le Beau ?

Et l'éducation ?

L'Art ? Le goût ? L'harmonie ?

Que vont devenir les enfants nourris uniquement à ce régime là ?

giveaway-signal

Crétins ?

J'espère pas...

 

 

 

Posté par nain_de_jardin à 01:15 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags :

28 août 2015

Ré-so-lu-tions !

Et toi, t'as des résolutions ?

Ben oui, je vois poindre ça à tout bout de blog : les fameuses résolutions de la rentrée...

Alors bon, déjà, moi, le calendrier, en lattes ou pas, je maîtrise moyen. L'axe de vue est assez limité. Une semaine, c'est une semaine, après, on verra.

Bien sûr, j'ai des calendriers, des agendas, des rendez-vous à 6 mois, je suis pas complètement neu-neu non plus, mais prévoir à plus d'1 mois, pour moi, c'est de la haute voltige en hautbois.

Anita Calero 9

Et pourquoi ça tient ?

Ben d'abord, parce que je suis pas toute seule à faire le calendrier non plus. L'étude machin, on a beau dire qu'elle va commencer, tant que le comptable Bidule ou la secrétaire Trucmuche ne sont pas revenus, au choix : de leurs vacances, de leur cure, de leur mission en Ousbekistan-les-Petits-Oignons, ou de leur stage de bas-breton (rayer les mentions inutiles), et ben c'est pas la peine de planifier. Parce que c'est eux qui doivent signer. Ben oui. Et si y'a pas de signature, y'a pas de chantier non plus. Là-dessus, je suis vaccinée.

Après, y'a les impondérables. Va savoir, on peut toujours se faire écraser par un camion poubelle demain en allant chercher le pain.

Bon, ok. Une fois que t'as dit ça, c'est foutu, tu fais plus rien non plus...

Meuh non... J'ai pas dit ça.

En définitive, ce que j'aime le plus dans cette histoire, c'est l'abandon.

Le rapport au monde.

Anita-Calero-Neiman-Marcus-Butterflies-02_1_3

Prenez la réunion supra-chiante prévue depuis 3 mois. Qui va vous faire traverser la France en Micheline, 5 heures aller, 5 heures retour, tout ça pour causer 2 minutes et apprendre, pour finir, 6 mois après, que y'a plus de crédits pour faire l'étude... Celle-là, j'y pense, j'y pense, j'y pense... (je suis spéciologue en mantras à réunion chiante). J'attends pour prendre mon billet de Micheline, j'attends, j'attends, j'attends... Et PAF ! L'avant-veille, coup de fil catastrophé du cabinet du Maire : il doit aller à l'inauguration de la fête du saucisson, c'est crucial pour la ville, et du coup, ben, on est désolés, la réunion est annulée...

Joie, bonheur dans les coeurs !

Anita Calero 8

Si en plus, on me dit que finalement, on va faire une conf-call (un joli mot pour dire qu'on va causer au téléphone à plusieurs sans avoir à se taper Micheline), alors là, double joie et bonheur dans les coeurs.

Parce que le réseau ferré français a beau avoir évolué, l'odeur de la banane et de l'oeuf dur, elle, non. Et que rien qu'à l'idée de partager, l'oeil dans le vague, avec mes autres collègues en train 5 heures de pique-nique, de "Kévin, vient ici", de "Allo, mais oui, je suis dans le train !". Tout ça pour 2 minutes de parlotte, ben, comment dire...

Cela dit, ce qui marche en mantras opposés marche aussi en mantras désirés. Pourvu que ça marche, pourvu que ça marche, pourvu que ça marche... Ça marche aussi. Et c'est toujours plutôt réussi.

Si donc on peut modifier la matrice, voire empêcher la motrice, autant ne pas tout planifier non ?

Anita Calero 11

Bon, et puis ces histoires de résolutions, c'est pour les gens qui savent s'arrêter. Qui savent prendre des vacances, des week-end, se poser. Se dire "aller, à la rentrée, je fais du vélo à pied, ou de la mobylette en chaussette". Mais quand on est doté d'un cerveau qui ne s'arrête jamais... Comment on fait ?

Ben on fait tout le temps, on cogite  24/24, et la planification se fait toute seule. Comme un puzzle de 10 millions de pièces qui ne finit jamais.

Enfin jamais, faut faire gaffe aux camions poubelle quand même...

Du coup, les wacances, ça revient à faire quoi ? Ben à bosser, puis visiter. Des machins patrimoniaux si possibles, ce qui veut donc dire bosser. Bouquiner, oui, mais ça fait cogiter aussi. Jardinier, tient tient, on est encore dans le pro sur l'horto. Herboriser, pareil. Bref, on bosse, du soir au matin, des oreilles aux orteils.

- "Ben alors, t'as qu'à aller au club Med, et pis c'est tout. Là, t'es sûre que tu seras loin de tout".

Ouais, sauf que là-haut, ça l'arrête pas ces histoires là. Club Med ou pas, cogiteur il est, cogiteur il reste. Je trouverais bien toujours moyen de me faire une petite observation en buffet à boules comportementale ou des recherches sur la géologie locale. Allez savoir. De toutes façons, j'ai pas essayé...

Anita Calero 12

Du coup, les résolutions ? Ben... Ah, si, une : les loulous étant à la cantoche à partir de lundi, je vais pouvoir aller aux archives jusqu'à plus soif jusqu'à vendredi.

Trop de bonheur.

Et sinon, pour les autres résolutions, vous l'aurez compris, je m'en bats un peu le pompon, c'est dit.

Anita Calero AFAR_Ireland_3

Crédit photo : Anita Calero

Posté par nain_de_jardin à 22:08 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags :

18 août 2015

Oeuvre au noir

De l'envols amers des pensées fugaces,

Lorsque de la nuit naissent les premières traces,

S'échappe parfois du temps et de l'espace,

Le vent de la mer, l'instant d'une grâce...

11892038_1474006372921201_5351368886697553531_n

De ces rêves surpris aux heures de solitude

Surgit l'inatendu oubli de viles habitudes.

De celles qui laissent le temps filer

Aux droits abîmes d'abrupts glaciers.

tumblr_nerun1duv51rgiji6o1_500

La couleur laisse alors la place au gravures passées,

Aux blancs éteints des noirs compassés.

Les mots se parent de voyelles éteintes,

Las de la lumière que les voiles étreintent.

tumblr_mdy0q7xzGn1rv7dt8o1_500

D'étranges souvenirs se mirent au mercure des tains,

De consonnes sombres aux sonorités d'airain ;

Laissant le temps se parer de couleurs imaginées,

L'esprit se fondre aux teintes à jamais fantasmées.

tumblr_m7fz0cqUof1qzs7m3o1_540

L'or et l'argent du velours des eaux profondes

Se tendent au gré du stylet sourd et résonant de l'onde ;

Le trait file sur le grain bistre du papier,

L'encre coule au chemin des pleins et déliés.

tumblr_nce24btfDF1r5m4z3o1_250

Du végétal ne reste que le gris de la cendre,

Le cri guttural de la louve à l'ambre.

Des yeux mordorés, de l'argent pâle ;

Du noir bistre des nuages, la part animale.

tumblr_nd3mypDCAd1qlmppmo1_500

Et lorsque le coeur des marbres froids s'enflamme,

Sous le vernis polissé du granit à l'entame,

Naît alors un feu plus torride encore que les rayons dardés

Des arides et flamboyants soleils d'été.

tumblr_mzg4wjTf0C1s6woaco1_500

Issu de ces noirs dessins, le monde se révèle à l'âme,

L'onde renaît au désir et à la flamme.

De la cendre au fusain embrasé sous les doigts,

L'eau goutte et d'aquerelle teinte l'effroi.

tumblr_ngn7tvFzzN1sqba70o1_500

Dors, Ô mon heureuse progéniture,

Le noir n'est rien qu'un révélateur d'écriture ;

Un lien entre l'ici et l'au-delà du ciel

Une oeuvre en soit, essentielle.


*

 

Posté par nain_de_jardin à 01:05 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags :

11 août 2015

D'hélice en délices

Il est une question que j'aime poser à mes étudiants, c'est : comment visualisez-vous le temps ?

Oh, la chieuse ! (oui, oui, tant pis pour les indexations, j'assume). Nan, mais attends, là, tu causes jardins, t'es pas obligée d'aller chercher dans la têtes de tes jeunes pousses comment pierre qui roule fait mousse, allons !

Ben pourtant, elle est marrante cette question. Et plus j'avance en temps moi, plus elle prend du sens cette question là.

Pour tout vous dire, dans ma tête, le temps, c'est un store. Ouais, j'ai bien dis un store. A lattes plus exactement. Imaginez une persienne faite de lattes blanches. Vous partez de la droite, sur la latte 2015. De là, à plat, vous reculez dans le temps vers la gauche, latte par latte, une par année. Le store est plat jusqu'en 1900. A partir de 1900, il bascule vers le bas. C'est droit jusqu'à la Révolution. A partir de la Révolution (1789 pour ceux qui suivent), les lattes continuent leur descente, mais elles forment une hélice, comme une sorte de rampe d'escalier hélicoïdale. Ou une structure d'ADN, au choix.

Si vous me demandez ce qui s'est passé en 1620, paf ! Mon esprit visualise le store du temps, descend le long de l'hélice, et va chercher sur la latte de 1620 ce qui y est stocké.

A savoir ce que je sais sur l'année demandée. Ça peut aller de la mode du temps, aux jardins, aux bâtiments,...

Prenons la mode. Ah, les robes brodées ! Sublimes ! Regardez...

British School — Portrait of an Unidentified Lady, c.1620 : Royal Collection Trust, Her Majesty Queen Elizabeth II . UK (1795x2000)

Bon, je vous sors une galeries de mémères des années 20 (1620, pas les folles).

Portrait miniature of Amy Seymour, dated 1623. http://www.tudorplace.com.ar/images/Seymour,Amy01.jpg

Elizabeth, Lady Style of Wateringbury, ca. 1620, unknown artist.

Toutes ingrates. Mais les broderies des robes, ... Rhaaa !

Oh, et dis-donc, vous avez vu, derrière celle-là y'a un beau jardin...

Pour aller avec ces robes là, y'avait des sacs grenouilles brodés de toute beauté...

A small purse shaped like a frog; 1650-1680England Needlecase, ’Frog’, early 17th century Needlework; Costume/textile related object, Silk and metallic thread embroidery, 1 3/4 x 2 in. Exhibition Wall Label from ”Images of Fashion from the Court of Louis XIV” A needle case was worn suspended from a cord on a lady’s apron along with other tools she needed to keep at hand.

Je me tâte à ce sujet de m'en faire un. Ça aurait du batracien non ?

Bref...

C'est simple non ?

Oh, ça va, j'en vois qui rigolent au fond.

Sauf que bon, elle est pas mal cette vision en lattes de l'histoire. Structurée, précise, concise. Pas besoin de dico, hop, un coup de latte, et c'est bon !

Et plus les lattes se remplissent (faut dire que je charge la bête...), plus la structure me surprend.

Parce qu'après, y'a les côtés qu/cantique de la chose. Avec un QU ou avec C, comme vous le souhaitez. Moi j'aime bien l'idée des deux.

Pour le côté quantique, on va dire que ça favorise les connexions. Pour faire simple, la théorie quantique des champs est considérée généralement comme la seule façon correcte de combiner les règles de la mécanique quantique avec celles de la relativité restreinte.

Oui, oui, oui...

Ou autrement dit, au-delà du temps et de l'espace, il y a des choses qui se rejoignent curieusement.

Comme si certains personnages lointains vous prenaient par la main, et vous guidaient tout au long du chemin. Vous ne les attendiez pas, et hop, les revoilà ! Vous faites un dossier sur les tuyaux parisiens (ben oui, pour faire circuler l'eau des bassins des jardins, faut des tuyaux...), et paf, voilà la belle dame que vous aviez déjà rencontré deux fois en 1520 dans ses belles maison à Lyon et dans les environs qui réapparaît quelques années plus tard dans votre champ de vision.

La dame n'est pas seule. J'ai un petit aréopage de potes historiques avec lesquels je suis à peu près sûre à chaque dossier de tomber nez-à nez...

Comme une espèce de cohérence, un côté cantique. Une danse, harmonique...

Bon, et sinon, y disent quoi tes étudiants ?

Ben y'en a qui doivent sans doute se dire que le plafonnier est peut-être parfois un peu trop éclairé.

Mais tant que y'a de la lumière, on peut garder les stores !

377px-'Portrait_of_a_Daughter_of_Deiterich_Bromsen'_by_Michael_Conrad_Hirt,_Dayton_Art_Institute

Ok, ok, je sors...

*

Sauf que bon, voilà ce que je découvre quelques semaines plus tard...

"A l'instar de la « synesthésie numérique », la « synesthésie spatio-temporelle » est une carte mentale des jours de la semaine et/ou des mois de l'année. Les individus présentant ce type de synesthésie déclarent qu'elle peuvent « voir le temps ». en forme de ruban, d'anneau ou de cercle par exemple. Selon certaines recherches, ces individus posséderaient des connexions synaptiques particulières dans leur cerveau leur permettant de vivre le temps comme une construction spatiale.

Comme pour toutes les autres formes de synesthésie, la « synesthésie spatio-temporelle » présente elle aussi une constance : testé des mois plus tard, un synesthète rapportera les mêmes expériences qu'il avait précédemment rapportées."

Ben voilà, ça doit être ça...

Posté par nain_de_jardin à 04:14 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : ,

24 juillet 2015

Range ta chambre !

La présentation des chambres d'enfant sur internet, c'est joie bonheur dans les coeurs.

Charlotte-Marie-Josephine, dont la chambre est ornée d'un délicat papier Laura Lachelait est le parangon du rangement. Pas un machin qui dépasse. Sur l'étagère, quelques poupées, habillées comme leur maman, attendent patiemment d'être bordées. Une petite cuisinière, fabriquée par papa, accueille un petit ensemble de casseroles Nikea en émail bleuté. Quelques livres de Beatrix Potter ornent (oui, j'ai bien dit "ornent") la bibliothèque. Tout n'est que calme, luxe et volupté.

En réalité, Chacha (oui, parce Charlotte-Marie-Joséphine, c'est un peu long) est la reine du b.rdel. Elle a découpé un jour d'égarement le tissu Laura Lachelait des rideaux pour faire une robe à sa poupée, a déjà crayonné sur le rosé poudré des murs, et l'intérieur du Beatrix Potter pendant qu'on y est. Parce Peter Rabbit, il était plus joli avec des moustaches roses. Sur la mini cuisinière, ce qu'elle préfère, c'est les casseroles en plastique orange de sa maman quand elle était petite. Les trucs bourrés de Bisphenol-A précieusement gardés jusque-là dans le grenier par bonne-maman.

Sinon, Zoélie-Capucine, sa grande-soeur, son truc à elle, c'est le heavy-métal. Autant vous dire qu'entre les tas de culottes sales et les tee-shirt ACDC roulés en boule, prendre une photo potable, c'est pas possible. Bon, sa mère a bien réussi un jour, en planquant discretoche le poster fuck puncky qui trônait au-dessus de son lit. La photo, bien cadrée, évoquait avec tendresse l'ambiance "New York underground" de la chambre de l'adolescente. Un coup de photoshop, et hop, la plinthe repeinte en noir un soir de désespoir est devenue bleu marine. Parce que comme on le sait bien, "Mamân adore le bleu marine !".

Et les chambres d'héritiers, ça donne quoi ?

Chez Hector, dit "Toto", plinthes grises, meubles assortis. Sur l'étagère, quelques modèles réduits anciens côtoient la mappemonde lumineuse années 30. Couette perle, délicatement décorée d'un plaid représentant un drapeau. Pas celui du Brésil hein, l'union jack est plus fréquentable.

En vrai, la maquette et la mappemonde, normalement, ils vont sur la commode du salon. Parce que franchement, qui irait mettre une mappemonde en verre sur l'étagère d'un momichard de 5 ans ? Sauf si on on a des velléités à la destruction d'oeuvres d'art, ou si on est héritier de Marcel Duchamp.

Le drap et la couette, ce sont des tire-bouchons, quant à l'union jack, il s'est pris un coup de feutre, que même Vanish spécial taches n'a jamais rien réussi à faire dessus autre chose qu'un machin neutre.

Sinon, jusqu'à 12-13 ans, côté Toto, on rêve d'autodafé de légo.

Non, parce qu'ils pensent à quoi les fabriquants de légo ? Pas aux bousillages de pieds sur engrenage de robot en tous cas. Quant aux Duplo, ce machin devrait être interdit à la vente quand on pense aux dégâts qu'il fait aux voutes plantaires du monde entier.

Sinon, même combat que Chacha sur les rideaux, utilisés parfois comme torchon à colle (ben oui, tient, quand on bricole...), sur la table du bureau, transformée en établi, sur l'intérieur du placard, version pétard "je voulais prendre le pyjama d'en-dessous !"... Bref, tout aussi inmontrable en vrai que la chambre des deux sisters a moins d'y passer la journée, voire demain et avant-hier.

En résumé,j'adore ce petit monde parfait des chambres de loupiots versus blogo.

Et sinon, t'as fait quoi toi ?

Ah, moi ?

Ben le rangement des chambres à minous, c'était un peu le manifeste du matin...

Sauf que moi, un peu de cohérence ne nuit pas, je suis bien la dernière qui puisse demande à mes poussins de ranger leurs machins.

Parce que la reine du truc qui traîne, l'impératrice du bordel, l'Agha Kan du non-rangement, c'est moi.

Alors, alors, attention, on va spécifier des trucs. Dans ma tête, le monde est une bibliothèque. Y'a des étagères, c'est rangé nickel, pas un truc qui traîne. L'histoire et la vie sont en rayons, chacun sa fiche, par date, par couleur, par goût, par bruits, par sons. L'Autistan des pays du rangement.

Imaginez du coup si je devais réguler l'extérieur comme l'intérieur ? L'horreur... Le comble de la maniaquerie.

Oh, le gros prétexte pour pas ranger, didon, t'es gonflée.

Ben non, c'est vrai tout ça. Le bazar, c'est mes vacances à moi. Ma respiration, une manière de garder ma maniaquerie en bastion.

Une façon comme une autre aussi de laisser passer la lumière, de se connecter aux émotions, de flirter avec l'art et la matière, de fabriquer la création. Sur les tas et les empilements, l'oeil accroche, la pensée file, l'idée est proche et les envies défilent.

Comment faire alors avec les minous en rangement ? Moi qui ne peux leur montrer l'exemple décemment ?

Tout est dans la demande finalement. Se dire qu'une petite partie de mon esprit leur appartient sans doute à eux aussi.

Faire attention du coup. A ne pas brusquer inutilement. A ne pas créer le déséquilibre entre le dehors et le dedans. Surtout pas de machin tonitruant, de truc hurlé, de "range ta chambre !!!" qui les laisse pantelants, tremblants derrière la porte, persuadés au fond qu'ils ne sont que les derniers des souillons.

Ne pas détruire l'ordre de l'estime de soi par celui qu'on impose sur des critères de bon aloi.

Émettre juste un souhait : "j'aimerai bien que tu ranges ta chambre". "Parce que je ne peux plus rentrer dedans, et que je me bousille les pieds chaque fois que je marche sur les playmo".

Vous savez quoi ? Et ben ça marche...

Bon, c'est parfois un peu coton, y'a quand même deux trois sanglots longs.

Mais avant l'Automne, ça devrait le faire.

D'ici là, on sera en hiver.

Et après tout, on en a un peu rien à faire...

*

Bon, et puis parce que ce monsieur doit être un peu configuré comme moi.

Qu'on doit avoir, l'air de rien, sans doute quelques gènes en commun...

art_range_ursus_Wehrli_05 

art_range_ursus_Wehrli_06

URSUS WEHRLI

art_range_ursus_Wehrli_13

art_range_ursus_Wehrli_14

J'adore !

Posté par nain_de_jardin à 13:14 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags :

29 juin 2015

Papounette chacha

Tiens, aujourd’hui, on va se faire une petite rubrique bibouchons en jardins.

Ouais, bibouchons.

Bon, alors, autant le clarifier tout de suite : je suis la reine absolue du surnom lapinesque : mes choupinous en savent quelque chose. Les pauvres choux n’échappent à RIEN. Entre capitaine mamourette, papounette chacha,  miss toutou, boubouchka, bibiche, doucette, papounette, crapulette (ça, elle aime pas du tout…), kikouyou, voire capuchon pour la version féminine.

Milou doux, bibouchon, loulou, chaton joli, poussin (joli aussi, comme Félicie), caillou doux, coucou (au bout duquel m’échappe parfois, j’ose le dire, un –ouille final, allez savoir pourquoi... Du coup, je rajoute rapidos un adjectif derrière, histoire de me rattraper aux rideaux), petit bouchon, chouchou, cacounet, papounet ou Kiki l’eau de toilette pour la version masculine.

Tout y passe !

Ouais, je sais, c'est peu être un chouille ridicule. Mais comme vous l'aurez compris, particulièrement chez moi, il ne tue pas...

Cette petite liste m'a été inspirée par quelques recherches menées sur les minous en jardin.

Ou autrement dit, les portraits d'enfants avec jardins en toile de fond sous l'Ancien Régime, voire un peu plus loin.

Dit comme comme ça, ça le fait non ?

Regardez comme y'en a des choupinous :

1609_Circle_of_Jan_Claesz__Enkhuizen_painter__b_1570__a_1618__An_eight_year_old_boy__possibly_of_the_Blauhulck_family__with_his_horse

Entourage de Jan Claesz, 1609.

Bon, ok, celui-là, il n'est pas dans un jardin, je vous le concède, mais il est beau comme tout avec son mini canasson. Ou alors, c'est un percheron avec effet d'optique...

1600s_Unknown_Spanish_artist__A_Royal_Child_Seated_by_a_Vase_of_Flowers__a_Monkey_with_a_Garden_beyond_and_the_Figure_of_Pomona_Walking_in_It

XVIIe siècle, Espagne. Artiste inconnu

Celle-là a avalé un truc de travers, ou alors son singe de compagnie lui a enlevé sa suçu juste avant qu'on la fasse poser devant son bouquet. Cela dit, son papa et sa maman avaient un super beau potager.

Hendrick_Berckman__Dutch_artist__1629_1679__Portrait_of_a_Boy_and_his_Dog

Hendrick Berckman (artiste hollandais, 1629-1679)

Côté minous en jardin, on a aussi le boubou empesé à hochet accroché. Comme quoi, les mamans du XVIIe siècle avaient déjà des idées...

1650_Unknown_artist_Boy_with_Coral

1650. Artiste inconnu.

Et côté idées, ben ouais, c'est bien une trotteuse du XVIIème ! Mit hochet en corail et fermeture type tonneau. Ca vous pose un lapin non ? Sinon, côté babygro, on a quelque peu amélioré la chose depuis, les petits nous disent merci.

1638_Willem_van_der_Vliet__Dutch_artist__c_1584_1642__Portrait_of_a_Child

Willem van der Vliet (artiste hollandais), 1638

Côté corail, y'a aussi la version Dom Diego de la Vega, futur zorro du Prado. Vue la manière dont il tient son hochet, genre goupillon, une carrière ecclésiastique est à envisager...

1620_30s_Cornelis_de_Vos__Flemish_artist__1585_1651__Artist_s_Daughter

La fille de l'artiste, Cornelis de Vos, 1620-1630.

Sinon, y'a aussi la version mini mariée. Enfin mariée... C'est la reine Victoria qui a institué le blanc ce jour là, alors on va dire mini défilé. Chai pas vous, mais sur ce sur ce coup là, j'ai des images de petites américaines choucroutées... En tous cas, pour la motricité fine, sur l'habillement, on repassera.

1710_Justus_Engelhardt_Kuhn__Colonial_American_artist__fl_1707_1717__Eleanor_Darnall_1704_1796

Eleanor Darnall 1704-1796, par Justus Engelhardt Kuhn, 1710.

Bon, quelques fois, heureusement que le décor rattrape la chose. Tout le monde ne peut pas avoir en guise de parents putatifs Bradd Titt (oui, Titt, remarquez que je n'ai pas mis un B) et Claudia Choufleur. Admirez quand même les fleurs...

1663_Jan_Albertsz

 Jan Albertsz Rootius, 1663.

Sinon, on a la version, pré-ado qui fait la gueule, style "je vais te balancer mon éventail si tu continues à me faire ch..er avec ta peinture d'atelier". L'histoire ne dit pas si la môme fut poison jusqu'au bout. Elle a du en tous cas en claquer des beignets, vue la moue et le pincement d'oeillet...

1664_Cesar_Pietersz__or_Cesar_Boetius_van_Everdingen__1616_17_1678__Two_year_old_Boy_with_an_Apple_and_a_Bird

Cesar Pietersz, or Cesar Boetius van Everdingen, 1664.

Côté poison, celui-là m'a l'air aussi bien mignon... L'oeil coquin et la bouille ronde. Vu que y'a déjà la pomme, je serais le piaf, je dégagerais sec avant de finir en compote. Je dis ça, je dis rien.

*

Après, y'a mes deux chéries d'amour, que si 400 ans ne nous séparaient pas, j'aurais adoptées dans la foulée pour mettre sur les murs de mon atelier.

Une mini croquette, choupette au papillon. Comme une petite étoile dentelée dans la maison.

1606_Unknown_artist__Lettice_Newdigate_age_2

Lettice Newdigate à l'âge de 2 ans, artiste inconnu, 1606.

Et cette mimounette là, toute sage sous son bonnet. Un amour de bibounette en perroquet. On en croquerait...

1599_attr_Gortzius_Geldorp__Dutch_painter__1553_1618__Portrait_of_a_Girl_aged_4__dated_1599

Gortzius Geldorp (attribué à), Portrait d'une petite fille de 4 ans, 1599.

*

Choupinous non ?

L'histoire de l'art même à tout, y compris aux bouts de choux !

 

Posté par nain_de_jardin à 13:54 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : ,

24 juin 2015

Fouzitou

Ouais, fouzitou.

J'avais envie d'écrire un peu, mais sans vraiment savoir quoi. Alors j'ai ouvert mon dossier "trésors", et j'ai regardé dedans.

Pas question, vue l'heure, d'ouvrir Pinterest. Autant aller en boite. Ben oui, parce qu'une fois partie dans cette malle à images, on en oublie son oreiller. Et c'est quand il faut se lever le matin qu'on s'en souvient.

Du coup, non, non, on reste dans les dossiers.

Avec des images attribuées, ou pas. J'ai la flemme là.

D'aller vous chercher la référence.

Maintenant, à ce propos, plus besoin de se prendre le chou, y'a Google images. On cherche d'où vient une photo ? Hop ! On la glisse chez gogol, et zou, on sait d'où.

Faudrait faire un post entier à ce sujet, parce que la chose est parfois poétique. Parce que y'a des fois, gogol y trouve pas. Alors y met autre chose, y choisit des tonalités identiques.

Et Dieu que ça peut être beau cette histoire là !

Je me la pète encore parfois avec mes étudiants sur ce sujet là. Je ramène ma fraise, leur explique comment faire l'affaire. Certains savent, d'autres pas. J'aime la petite étincelle qui s'allume dans leurs yeux quand je fais la démo du truc merveilleux.

Encore un machin dont j'avais rêvé il y a longtemps. Imager. Savoir trouver. Indexer.

Et me voilà repartie dans mes catalogues intérieurs... Non, tu ne bosses pas pour Bill Gates, et encore moins pour Steeve Jobs, t'es pas dans la silicon Valley, remballe ton autisme catalogueur, c'est pas l'heure !

Ok, ok, on va en boite alors ?

Mais ça va pas, l'oreiller attend là !

Bon... D'accord. Surtout qu'avant l'oreiller, j'ai encore des pages à lire. Un roman niaiseux pour ado boutonneux. J'adore. La trilogie de "Rouge Rubis, Bleu Saphir et Vert Emeraude". Rien que les titres, t'es limite chez Barbara Cartland. Et dedans, t'y es presque aussi. Je biche aux trois tomes. Une histoire d'ado qui voyagent dans le temps. Très chou. Surtout qu'ils se font plein de bisous. Choupi je vous dis. Ça détend après le latin. Ça remet dans le crétin, c'est bien.

Bon, en attendant, j'ai sorti des dossiers des trucs fruités, de la couleurs, un petite catalogue d'api en pomme. Juste de quoi se faire de beaux rêves en somme...

Pour les nocturnes, pour que la nuit vous soit douce.

Et pour les diurnes, un peu de couleurs en coup de pouce !

Bisous mes petits chats !

85c5798603acf65f269a5692fd116eb2

4714010016_b168f86409_o

boutons

coeur pinterest

Design from Paris 1

11-333-home

Cressida Campbell

dustlinksM18

Fanny Page 1

fish_bookend

Fern Forest Jamaïque

Funeral face tumblr

 

Posté par nain_de_jardin à 00:15 - - Commentaires [5] - Permalien [#]

21 juin 2015

Memento mori

Aller, encore un peu de latin. En attendant d'autres versions.

Parce que je me dis que certains ont sans nul doute besoin, dans leurs lointains ministères, de concrets, de vraie vie, de trucs qui parlent. Que veaux, vaches, cochons, en latin, c'est mignon. Qu'on sait jamais, si passait par là un ministérrien...

Juste pour dire qu'une petite réflexion vaut mieux parfois qu'une grande décision

Qu'un petit clic vaut mieux qu'une grande claque.

Qu'une sémantique, ça naît pas dans les choux. Qu'un langage, c'est pas juste des mots. Qu'une civilisation, c'est pas juste une histoire d'abandon.

C'est, ce sont aussi des racines. Un ancrage. Encré.

Pas juste un machin pour faire croire qu'on est plus fort à la récré. Ou qu'on à que la politique en guise d'éthique.

Du coup,côté claque, parfois, on se laisserait bien tenter.

Au détour d'un ministerrien couloir, une Najat et son anti-mémoire version trou noir...

Argumentum ad hominem

PAF !

Ohhh, pardon, ma main est partie toute seule...

Politique, parfois, ça rime avec moustique.

tumblr_n979koc1ri1r3db5to1_540

 

Posté par nain_de_jardin à 01:27 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : ,