*** Nain.de.Jardin ***

29 juin 2015

Papounette chacha

Tiens, aujourd’hui, on va se faire une petite rubrique bibouchons en jardins.

Ouais, bibouchons.

Bon, alors, autant le clarifier tout de suite : je suis la reine absolue du surnom lapinesque : mes choupinous en savent quelque chose. Les pauvres choux n’échappent à RIEN. Entre capitaine mamourette, papounette chacha,  miss toutou, boubouchka, bibiche, doucette, papounette, crapulette (ça, elle aime pas du tout…), kikouyou, voire capuchon pour la version féminine.

Milou doux, bibouchon, loulou, chaton joli, poussin (joli aussi, comme Félicie), caillou doux, coucou (au bout duquel m’échappe parfois, j’ose le dire, un –ouille final, allez savoir pourquoi... Du coup, je rajoute rapidos un adjectif derrière, histoire de me rattraper aux rideaux), petit bouchon, chouchou, cacounet, papounet ou Kiki l’eau de toilette pour la version masculine.

Tout y passe !

Ouais, je sais, c'est peu être un chouille ridicule. Mais comme vous l'aurez compris, particulièrement chez moi, il ne tue pas...

Cette petite liste m'a été inspirée par quelques recherches menées sur les minous en jardin.

Ou autrement dit, les portraits d'enfants avec jardins en toile de fond sous l'Ancien Régime, voire un peu plus loin.

Dit comme comme ça, ça le fait non ?

Regardez comme y'en a des choupinous :

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Entourage de Jan Claesz, 1609.

Bon, ok, celui-là, il n'est pas dans un jardin, je vous le concède, mais il est beau comme tout avec son mini canasson. Ou alors, c'est un percheron avec effet d'optique...

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XVIIe siècle, Espagne. Artiste inconnu

Celle-là a avalé un truc de travers, ou alors son singe de compagnie lui a enlevé sa suçu juste avant qu'on la fasse poser devant son bouquet. Cela dit, son papa et sa maman avaient un super beau potager.

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Hendrick Berckman (artiste hollandais, 1629-1679)

Côté minous en jardin, on a aussi le boubou empesé à hochet accroché. Comme quoi, les mamans du XVIIe siècle avaient déjà des idées...

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1650. Artiste inconnu.

Et côté idées, ben ouais, c'est bien une trotteuse du XVIIème ! Mit hochet en corail et fermeture type tonneau. Ca vous pose un lapin non ? Sinon, côté babygro, on a quelque peu amélioré la chose depuis, les petits nous disent merci.

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Willem van der Vliet (artiste hollandais), 1638

Côté corail, y'a aussi la version Dom Diego de la Vega, futur zorro du Prado. Vue la manière dont il tient son hochet, genre goupillon, une carrière ecclésiastique est à envisager...

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La fille de l'artiste, Cornelis de Vos, 1620-1630.

Sinon, y'a aussi la version mini mariée. Enfin mariée... C'est la reine Victoria qui a institué le blanc ce jour là, alors on va dire mini défilé. Chai pas vous, mais sur ce sur ce coup là, j'ai des images de petites américaines choucroutées... En tous cas, pour la motricité fine, sur l'habillement, on repassera.

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Eleanor Darnall 1704-1796, par Justus Engelhardt Kuhn, 1710.

Bon, quelques fois, heureusement que le décor rattrape la chose. Tout le monde ne peut pas avoir en guise de parents putatifs Bradd Titt (oui, Titt, remarquez que je n'ai pas mis un B) et Claudia Choufleur. Admirez quand même les fleurs...

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 Jan Albertsz Rootius, 1663.

Sinon, on a la version, pré-ado qui fait la gueule, style "je vais te balancer mon éventail si tu continues à me faire ch..er avec ta peinture d'atelier". L'histoire ne dit pas si la môme fut poison jusqu'au bout. Elle a du en tous cas en claquer des beignets, vue la moue et le pincement d'oeillet...

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Cesar Pietersz, or Cesar Boetius van Everdingen, 1664.

Côté poison, celui-là m'a l'air aussi bien mignon... L'oeil coquin et la bouille ronde. Vu que y'a déjà la pomme, je serais le piaf, je dégagerais sec avant de finir en compote. Je dis ça, je dis rien.

*

Après, y'a mes deux chéries d'amour, que si 400 ans ne nous séparaient pas, j'aurais adoptées dans la foulée pour mettre sur les murs de mon atelier.

Une mini croquette, choupette au papillon. Comme une petite étoile dentelée dans la maison.

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Lettice Newdigate à l'âge de 2 ans, artiste inconnu, 1606.

Et cette mimounette là, toute sage sous son bonnet. Un amour de bibounette en perroquet. On en croquerait...

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Gortzius Geldorp (attribué à), Portrait d'une petite fille de 4 ans, 1599.

*

Choupinous non ?

L'histoire de l'art même à tout, y compris aux bouts de choux !

 

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24 juin 2015

Fouzitou

Ouais, fouzitou.

J'avais envie d'écrire un peu, mais sans vraiment savoir quoi. Alors j'ai ouvert mon dossier "trésors", et j'ai regardé dedans.

Pas question, vue l'heure, d'ouvrir Pinterest. Autant aller en boite. Ben oui, parce qu'une fois partie dans cette malle à images, on en oublie son oreiller. Et c'est quand il faut se lever le matin qu'on s'en souvient.

Du coup, non, non, on reste dans les dossiers.

Avec des images attribuées, ou pas. J'ai la flemme là.

D'aller vous chercher la référence.

Maintenant, à ce propos, plus besoin de se prendre le chou, y'a Google images. On cherche d'où vient une photo ? Hop ! On la glisse chez gogol, et zou, on sait d'où.

Faudrait faire un post entier à ce sujet, parce que la chose est parfois poétique. Parce que y'a des fois, gogol y trouve pas. Alors y met autre chose, y choisit des tonalités identiques.

Et Dieu que ça peut être beau cette histoire là !

Je me la pète encore parfois avec mes étudiants sur ce sujet là. Je ramène ma fraise, leur explique comment faire l'affaire. Certains savent, d'autres pas. J'aime la petite étincelle qui s'allume dans leurs yeux quand je fais la démo du truc merveilleux.

Encore un machin dont j'avais rêvé il y a longtemps. Imager. Savoir trouver. Indexer.

Et me voilà repartie dans mes catalogues intérieurs... Non, tu ne bosses pas pour Bill Gates, et encore moins pour Steeve Jobs, t'es pas dans la silicon Valley, remballe ton autisme catalogueur, c'est pas l'heure !

Ok, ok, on va en boite alors ?

Mais ça va pas, l'oreiller attend là !

Bon... D'accord. Surtout qu'avant l'oreiller, j'ai encore des pages à lire. Un roman niaiseux pour ado boutonneux. J'adore. La trilogie de "Rouge Rubis, Bleu Saphir et Vert Emeraude". Rien que les titres, t'es limite chez Barbara Cartland. Et dedans, t'y es presque aussi. Je biche aux trois tomes. Une histoire d'ado qui voyagent dans le temps. Très chou. Surtout qu'ils se font plein de bisous. Choupi je vous dis. Ça détend après le latin. Ça remet dans le crétin, c'est bien.

Bon, en attendant, j'ai sorti des dossiers des trucs fruités, de la couleurs, un petite catalogue d'api en pomme. Juste de quoi se faire de beaux rêves en somme...

Pour les nocturnes, pour que la nuit vous soit douce.

Et pour les diurnes, un peu de couleurs en coup de pouce !

Bisous mes petits chats !

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21 juin 2015

Memento mori

Aller, encore un peu de latin. En attendant d'autres versions.

Parce que je me dis que certains ont sans nul doute besoin, dans leurs lointains ministères, de concrets, de vraie vie, de trucs qui parlent. Que veaux, vaches, cochons, en latin, c'est mignon. Qu'on sait jamais, si passait par là un ministérrien...

Juste pour dire qu'une petite réflexion vaut mieux parfois qu'une grande décision

Qu'un petit clic vaut mieux qu'une grande claque.

Qu'une sémantique, ça naît pas dans les choux. Qu'un langage, c'est pas juste des mots. Qu'une civilisation, c'est pas juste une histoire d'abandon.

C'est, ce sont aussi des racines. Un ancrage. Encré.

Pas juste un machin pour faire croire qu'on est plus fort à la récré. Ou qu'on à que la politique en guise d'éthique.

Du coup,côté claque, parfois, on se laisserait bien tenter.

Au détour d'un ministerrien couloir, une Najat et son anti-mémoire version trou noir...

Argumentum ad hominem

PAF !

Ohhh, pardon, ma main est partie toute seule...

Politique, parfois, ça rime avec moustique.

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17 juin 2015

Thèse, antithèse, synthèse...

Ben oui tient... Moi qui n'ai jamais réussi à finir la mienne, pour cause de nécessités monétaires, je crois qu'il va falloir que j'accepte l'idée qu'en fait, je l'ai déjà faite. Au moins 10 fois, si ce n'est plus.

Je crois qu'un jour, je vais faire semblant. Prendre au choix un de mes dossiers, et hop, la bouche en coeur, me réinscrire à l'université, et passer ma thèse le lendemain. Facile Emile.

Et l'habilitation ? Ben, 8 jours après, A l'aise Blaise.

Non, c'est vrai quoi, faut que j'arrête. Que j'arrête de rendre des dossiers au kilomètres. De croire qu'on me paye au kilo. Cela dit, ça serait fun d'être payée au kilo, vu que je déforeste à mort à chaque boulot (bouleau ?). Vas-y Paulette, y'a des promos sur les ramettes, trop chouette !

Bref, faudrait que je mette mon autisme historique au fond de mes chaussettes, que j'arrête de chercher la petite bête, et que je fasse comme tout le monde. Répéter la même chose, sortir juste un petit lapin du chapeau, histoire de, et tadaaam, ô le dossier qu'il est beau !

Ouais, sauf que j'ai pas l'application onvasarrêterlàtantpissionnapascompris. Même pas le logiciel de base. Le code était pas dans la boite, et en plus, y'avait pas le mode d'emploi. Du coup, c'est plus fort que moi, ça me prend le chou, faut que j'aille au bout.

C'est crétin hein ? Tous les symptômes de la thésarde, sans la thèse. Les nuits blanches, la crampe au bout du pied, l'oeil caverneux, la tête pleine de trucs verbeux, le langage châtié et le verbe historié. Y'en a qui peuvent pas, y z'ont piscine, moi, quel que soit le flacon ou la proposition, j'ai toujours un machin à fignoler, une recherche sur le feu, une archive à mâchouiller, le scrupule au bord du diverticule.

 Cela dit, je vois bien que c'est pas bien hein. Voire ridicule. Que franchement, tout le monde s'en fout qu'en 1352, l'allée était 50 cm plus loin sur le côté.

Ouais, sauf moi.

Je sais pas, si je vais pas jusque là, ça me paraîtrait pas droit. J'aurai pas tout compris, ça irait pas.

Un jour un de mes amis banquier (oui, banquier :0) m'a dit : "mon boulot, c'est 90% d'emmerdes, et 10% de plaisir". Et ben pour moi, malgré tout ça, le mien, c'est l'inverse...

Alors, thèse, antithèse, Sainte (thér)èse, j'hésite... Je dis "plus jamais". Et j'y revais.

*

Du coup, z'aurez compris, j'ai fini !

Couverture

Elle est belle ma couverture hein ?

Mon dernier bébé fait 1178 pages... En un an. Pas mal non ? Ça fait 3,22 pages écrites par jour. Dont la moitié en latin.

Quand je vous dis que c'est crétin...

Latin... Crétin.

Tient, ça donnerait un jeu marrant cette histoire là.

Faudrait que j'en parle à Najat. "Latin Crétin", je suis sûre que ça lui causerait sec. On pourrait même faire la version en grec.

Najat, elle, elle doit avoir la version jeréfléchipasfautquejefassedubuzzducoupjyvais 5.0. L'appli dernière génération, option jaifaitsciencePopyjaifaitlENA 2.0. Un truc de pouvoir. Le coup du "j'essaye, juste histoire de voir si je laisse mon nom dans l'Histoire".

On enlève latin et on reste crétin.

Ouais.

*

Bon, maintenant, sachant que je vois bien que j'ai le clavier facile.

Et, si à la place d'une thèse, je me faisais un petit roman volubile ?

Hein ?

Chiche !

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17 mai 2015

Mercantilisme grotesque

Alors, alors, mes petits chats, on en est où ?

Allez, aujourd'hui, c'est rubrique veni, vidi, vici. Enfin, vici, si on veut, vici de rien du tout, mais j'ai pas trouvé la rime qui va bien en latin, alors, du coup, je garde vici.

La famille Nain étant bien sujette aux visites Pâaatrimoniales, direction l'Ardèche et sa préhistoire. J'avais envie de voir la grotte Chauvet.

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Alors dit comme ça, c'est sûr, ça le fait. Mais non, dame Nain a beau avoir quelques connaissances dans le domaine, c'est pas pour autant qu'elle a obtenu des passes-droits pour aller crapahuter dans la vraie grotte Chauvet.

On va dire que là, on s'attaquait à la fausse.

Alors, Chauvet, Chauvet, déjà, t'oublie. Vu que l'Etat et monsieur Chauvet, ils sont juste un peu fâchés. D'où une saga juridique digne de Dallas. Ce qui fait que de "grotte", en réplique, et ben tu passes à "caverne" et de Chauvet à "Pont d'Arc".

Toi qui pensais donc aller visiter la "grotte chauvet2", tu te retrouves devant "la caverne du Pont d'Arc" C'est juste ridicule, mais visiblement, ça n'a pas tué les exploitants.

Bon, alors, réservation informatique 3 plombes avant. Visite prévue à 17 h 44. Mwoui. Pas 42 hein, 44. 

Entrée sous des espèces d'arches en béton. Ben oui, on te le rappelle, tu es à "pont d'Arc". Un pléonasme pontifiant.

Et là, moi je sais pas, mais le monsieur qui a fait le béton, je suis pas sûre qu'il passe la garantie décennale. Tu l'as vu le béton ? Bon, apparemment, c'est juste un revêtement, et ben il est totalement et complètement fissuré. Je ne sais même pas comment le constructeur a passé la commission sécurité.

Un conseil en tous cas, restez pas sous les arches. Je dis ça, je dis rien, telle Astérix ou Falbala, j'ai passé quelques heures à me demander si j'allais pas m'en recevoir un bout sur la tête ou les doigts.

Remise d'un petit dépliant illustré. Petit détail, les couleurs sont inversées. Les gens de la com, faudra penser à ré-imprimer.

Une fois l'accueil passé, tu te diriges vers un diorama aurignacien. Là, tu pousses une porte, et tu te retrouves dans un couloir, avec deux écrans riquiqui.

Et l'entrée, c'est où ?

Ben sois t'es bécasse, soit t'as pas compris la muséographie, mais ça à l'air d'être là. Alors tu commences à essayer de pousser des portes sous l'air confit des gens déjà assis. Et puis tu renonces. Tu te dis qu'il doit falloir attendre que Jean Clottes ait fini de causer de travers (ouais, t'es sur le côté du couloir, alors tu le vois genre limande ou sole, au choix dans le poisson plat). Et bien sûr, toujours aucune évocation de Monsieur Chauvet, vu qu'apparemment, on l'a mis dans le placard à balais.

L'écran s'éteind, et là, genre Disney, les portes s'ouvrent sur une salle de cinoche. Tu rentres. Paf, les portes se referment. Légère angoisse. Et si y'a le feu ? T'es juste bloquée dans un truc noir. Ok

Projection d'un petit film qui t'explique comment on suppose que la grotte a été trouvée. Non, pas par Chauvet, t'es lourde là. Par les Aurignaciens, les gens d'il y a 36 000 ans quoi. Mignon.

Fin du film, ahhh, d'autres portes s'ouvrent. Écrans tactiles, bêtes à poil, machin genre "centre d'interprétation". Pas un musée donc, un truc pédagogique qui sent encore bien le vernis plastique. Pas mal. Bon, ouvert il y a 3 semaines, mais déjà un peu déconnant sur l'electronique. Et puis les écrans plats, c'est cracra. Jolie collection de gras de doigts.

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Aller, go to THE réplique. Soit un gros bâtiment rond par lequel tu entres comme dans un escargot.

Alors, déjà, mes petits chats du Non-Chauvet, faudrait travailler sur l'entrée. Béton fendu partout, idem. Mais aussi un vague banc déjà rempli dans un lieu qui résonne, plein de gens qui ont réservés à 4 minutes de décalage, perdus. Pas d'indications, le budget écran a du passer dans le machin d'interprétation. Donc des gens énervés, qui parlent forts. Tellement fort que tu fuis.

Parce les visites de grottes, même fausses, tu connais, tu sais que ça peut être magique cette histoire, que tu as des chances de passer un moment délicieux. Pas besoin de gâcher donc le préambule avec des grincheux.

Après, c'est à toi. Guide. Sas noir. Entrée.

Ambiance souterraine donc, il y fait froid, humide, et y'a des odeurs qui ressemblent à celle d'une grotte (oups, d'une caverne, pardon...). Oui, oui, c'est comme dans les croissanteries. En vrai, ça sent le plastique et le vernis, mais avec un peu de chimie, t'es transportée en cavernerie.

Ok. Tu penses aux guides qui y restent toute la journée. L'odeur "grotte", ça doit prendre la tête au bout d'un moment. Comme les dames qui bossent chez Séphlora. Je sais pas comment elles font, moi j'aurai le naseau en dépression. Bref.

Après le premier effet froid, t'as l'effet pas sympa.

Parce que la grotte Chauvet, pour de vrai, elle est toute en longueur. Mais là, on sait pas pourquoi, ils l'ont faite toute en rond. C'est peut-être pour ça que c'est une caverne... Allez savoir.

Autrement dit, le groupe énervé d'avant, qui a commencé 4 minutes avant toi, il a déjà fait une boucle, et tu l'as en visu, pile devant toi. Avec le commentaire de son guide en prime. Plus le groupe de 8 minutes avant toi, sur le côté, avec le commentaire d'une autre dame. Plus celui de 12 minutes avant toi, etc, etc...

Alors voilà, t'as une déco d'enfer, les gens qui ont fait ça on fait un boulot hallucinant de copie. Tu as l'impression que l'eau glougloutte, que les cristaux scintillent, que les peintures sont devant toi. Sauf que côté bruit et voisinage,... t'es à Auchan.

Rhhhaaa !!! A savoir pour moi, misanthrope en Nature et autres sublimes choses de l'Art, un cauchemar ambulant.

Bon, et puis vu que tout est minuté, hors de question de rester plus de temps que prévu devant un mammouth ou un lion, ça va pas non ? T'arrives devant une scène, la guide appuie sur un petit bouton, les dessins se dévoilent en lumière, elle cause, ça s'éteint, et hop, tu repars.

Bon, autant vous dire que j'ai fini par faire de la résistance. A savoir, après que la guide soit partie, réappuyer discretoche sur le petit bouton pour revoir les lions. Bon, je me suis fait chopper par la conférencière d'après, mais j'ai eu 30 secondes de plus pour regarder, c'était déjà ça de gagné.

Du coup, t'as pas le droit de poser de questions, ça ferait des bouchons. T'as le droit après, à la sortie, sous une autre arche résonnante. Ce qui fait que tu partages les interrogations avec le groupe d'à côté. " Et vous l'avez vue, la vraie grotte ?". "Naaaan...". On continue dans la joyeuseté.

Crotte de grotte, merne de caverne !

Non, mais c'est vrai quoi...

Retour à l'accueil. Je voulais laisser des commentaires. Mais y'avait plus de "feuilles de suggestions". C'est con.

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Alors voilà, mes petits chats du Non-Chauvet. Faut juste réfléchir un peu.

Votre machin, c'est hypra-beau. Hallucinant en réplique. Ça pourrait être technologiquement magique.

Mais en version "je rentabilise", c'est juste une bêtise.

Alors arrêtez de penser juste à votre porte-monnaie. Réparez-moi ce béton qui fait peur, limitez les visites tous les 1/4 d'heures, et ça sera juste le bonheur...

 

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30 avril 2015

Miroir, mon beau...

Aller, hop, ce soir, on reste chez Narcisse !

Avec, en toile de fond, Linkmachin (ok, je sais pas l'écrire, mais vu que je sais pas le prononcer non, plus, c'est pas grave...). Vous savez, ce réseau social pro, où on affiche son C.V., ses compétences et tout et tout.

Bon, pas question ici de se raconter des trucs sur le dernier tricot ou la photo des petits. C'est pas Facedebouc ce machin. "C'est pour les pros". Un peu la différence, il y a quelques années entre ceux qui avaient le vieux Nokia (paix à son âme, quoique, j'en connais certains...) et le blackberry (paix à son âme aussi).

Ahhh, quand t'avais un blackberry, t'étais un pro. T'avais un machin qui te permettait d'écrire un roman sur un écran de malade, tu l'avais payé un bras, et t'avais l'air de quelqu'un.

Bon, moi, j'en ai jamais eu, j'avais le Nokia.

Mais attention, j'ai pu me la péter côté téléphone ! En 1995 (ouh, là, on remonte loin là...), j'avais THE truc qui te donnais l'air d'un ministre. A savoir, le téléphone satellite, qui pesait 20 kg, et que je baladais de chantiers en chantiers, histoire de prévenir qui de droit si jamais je me recevais un coup de pelle au fond de mes trous.

Bon, déjà, je l'emmenais pas au fond des trous, vu que la terre, c'est pas toujours compatible avec la technologie, la pluie, et autres joyeusetés de terrain.

Ensuite, une fois, on a fait un test avec le responsable sécurité. Ben ouais, y'avait un responsable sécurité. Autant vous dire qu'il ne savais pas trop quoi faire face à nos têtes de déterrés enfouis au fond des tranchées. A part prier quelques fois... Ou venir prendre l'apéro. Ça, c'était souvent.

Bref. Voilà qu'on compose le 18, à savoir les pompiers, pour savoir si le téléphone marchait bien, que vu que le satellite c'était loin, et qu'avec ces nouveaux engins, y'avait des chances qu'on se retrouve connectés aux firemens new-yorkais ou au chaipasquoi djakartiens.

Et ben c'était pas loin.

En direct de Chabrillan, riante commune de la Drôme, on sort la valise, on déplie l'antenne, et on fait le 18.

Tutututututu...

Pompiers du Rhône bonjour !

Rhaaa, la rigolade ! Moi, d'une voix flûtée : "alors voilà, monsieur le pompier, on est dans la Drôme, et je fais un test sécurité. Je viens de faire le 18, et visiblement, je tombe sur vous. Du coup, comment on fait ? Vous affrétez un hélico parce que je viens de me fouler le petit doigt ou vous appelez les pompiers de la Drôme pour moi ?". Le pompom, très gentil au demeurant m'a répondu d'une vois mâle : " ah ben non ma petite dame, dans ce cas là, si vous avez un souci, vaut mieux appeler d'une cabine."

Ok, ok, je sors, ça nous a valu un deuxième apéro.

Bon et sinon, Linkemachin ?

Ah, oui, dans la suite des selfies et de mon observatologie en rapports humains, j'aime bien regarder les photos des personnes que me propose Linkbidule sur la page "les connaissez-vous ?".

Parce que ça en dit long une photo, ça vous raconte en deux coups de cuillères à pot.

D'abord, y'a un truc, c'est que TOUTES les femmes sourient. Ou presque. Sauf si c'est des designers, des artistes plasticiens ou des photographes (oui, Linktruc ne me racole pas sur des bouchers-charcutiers, je fais plutôt dans l'architecte, le design manager, l'artiste, le paysagiste). Ça doit être un truc spécial. Quand tu bosses dans le design, ou l'art contemporain, ta photo doit être en noir et blanc, et tu dois faire la gueule. Sinon, les photographes ne montrent souvent qu'un oeil ou un bout de leur anatomie (si je vais sur leur page, ils montrent le reste ? Demain, j'enlève le bas...). Pour les hommes, y'en a qui ont fait un effort et qui essayent, je dis bien essayent de sourire. Ça donne des trucs genre "j'ai une tête de psychopathe, mais je m'asssume".

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Dans le domaine du jardin, j'ai le top ingénieur qui a fait des études de malade, qui pose sur fond vert (ou des fleurs si c'est une fille), avec du bois clair. Ca fait "j'ai installé des toilettes sèches dans ma maison d'Indre-et-Loire", c'est souvent réussi, ça fait envie.

Non ?

Ben pourtant, elles sont trop cool ces toilettes sèches...

J'ai aussi, dans le registre hortésien, monsieur Dutrognon, conducteur de travaux, (je déforme à peine) qui a demandé à son fils Kilian de faire une photo de lui sur le canapé, un samedi soir, au flash, après deux bières, un paquet de chips et un OL-PSG. Je sais pas si je lui confierai mes oeillets.

Sinon, la photo qui a allumé ce texte qui l'est tout autant, c'était celle d'un monsieur très chic, mit particule et gros poste dans très grosse boite. Ce monsieur, l'oeil un chouille entre le navré et l'ému, tourné de  trois quart, doté d'un magnifique gilet de soie tourterelle s'est fait prendre en photo en train de se faire nouer la cravate.

Rhooo... Bon, je dis ça, je dis rien... Mais quand même.

J'imagine, prenons le premier degré, que c'était au mariage de son fils Kevin (oui, Kevin, j'aime bien les contrastes. "Kevin de", ça le fait). L'homme est heureux, son fils épouse la ravissante Mandoline Dutrognon (fille du conducteur de travaux). Elle n'a pas inventé l'eau chaude, mais son père entretient divinement le jardin. "Et puis Kevin est heureux, c'est le principal. De nos jours, il faut être moderne, c'est déjà bien qu'il l'épouse, au moins, il assume ses responsabilités". Bon, Marie-Charlotte fait un peu la gueule, surtout que Madame Dutrognon a quasiment le même ensemble qu'elle, mais de chez Zarza, en jaune canari. "C'est ridicule ce jaune canari, on dirait un poussin sur un jaune d'oeuf".

Bref, malgré le jaune canari, l'homme est heureux. Et se fait prendre en photo par sa fille Cressida (oui, c'est laid Cressida, mais ça vient d'une arrière-grand mère kurde, vénérée dans la famille, très proche, c'est peu dire, du Prince de Montenegro).

Pour la photo, malgré l'oeil ému, le sourire est coquin, voire un peu égrillard. DSKien, avec du chien.

Ce sourire là attire le mien. Parce que la personne qui noue la cravate, et ben on la voit pas. Et que du coup, elle dit quoi cette photo ? Je sais, pas, j'ai des visions d'antique, de drapés qui dissimulent l'intime. De servilité, un peu, de "je suis un incompétent, je sais même pas faire un noeud de cravate". Pour un grand ponte d'une grosse boite, elle est un peu trop... Trop. Y'a des chargés de com qui devraient regarder Linkbidule.

Voilà, voilà, le pauvre monsieur, dont je tairai le nom et ne montrerai pas la photo doit avoir les oreilles qui sifflent, je m'en excuse en pensées. Si ça se peut, il est charmant. Et moi,j'AméliePouline un peu trop...

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Aller, pour me faire pardonner, un joli Narcisse.

Et ma photo à moi sur Linkmachin ? Ben je suis une fille...

Alors je souris. Cheeese !

 

 

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26 avril 2015

Rideo ergo sum...

Alors voilà, le printemps italien, c'était bien...

A Milan, déjà, j'avais repéré un truc bizarre. Plein de messieurs aux couleurs variées, vendant à tue-tête des perches. Ouais, des perches. Aux couleurs toutes aussi variées. Bleues, rouges, vertes, avec un petit fil qui dépasse.

Bon, je suis bécasse, mais je comprends quand même assez vite. Voilà les fameuses perches à selfies !

Ah, ben tient, voilà de quoi ouvrir une nouvelle page dans mon catalogue d'observatologiste en comportements humains. Comment se traduisait l'affaire ?

Bon, je savais déjà que les musées de France et de Navarre pensent à interdire la chose. Et pour cause. Un petit coup de perche à selfies dans l'oeil de la dame à la Licorne, ça le fait pas. Notez que j'ai pas dis la Joconde, vue qu'elle a ses propres lunettes de soleil à elle, à savoir une vitre surblindée contre laquelle une pauvre perche aurait bien du mal à faire la moindre griffure.

Quand j'étais allé montrer la bête à mes petiots, vu que Léonard, ici, c'est jute un super héros, j'avais eu du mal à ne pas pouffer. Collée contre moi, ben oui, collée, parce Mona, pour la voir, c'est chocolat, une dame japonaise avec robette type année 50, coupe Audrey Hepburn mit dentelles et frous-frous.

Bon, j'avais le temps, l'hystérie face à Lisa prenant plus qu'un instant (j'ai compris qu'après que j'aurais du aller sur les côtés, y'avait personne sur les côtés. J'ai depuis ajouté la chose à mon catalogue intérieur...). Du coup, histoire de complémenter mon dossier "mode", j'ai regardé la robe. Un charmant liberty, ou apparenté, avec plein de petits dessins de sacs et des inscriptions sensées représenter le "made in France". Et là, au milieu de moult "Paris", "Limoges", "Tours", "Agen" (pour ses pruneaux ?), je vois écris "La merde".

Naaan ?

Ben si.

Alors autant vous dire que je pensais plus du tout à dame Joconde. J'ai bien re-regardé. C'était bien ça. Discretoche, j'ai sorti mon portable, et paf, j'ai pris une photo...

2012-08-12 Louvre

Vous voyez ?

Non ?

Et là ?

2012-08-12 Louvre

Ah, ben, si, c'est bien ça...

La dame savait-elle ce qu'elle portait sur le dos ? Des sacs à popos ?

Faudrait proposer le motif aux employés des motos-crottes... Ça aurait du chien.

Bon, ça a été plus facile de prendre cette photo là que celle des deux fans de Mireille Mathieu dans le bus qui m'amenait à la gare TGV d'Avignon. Deux dames recouvertes de badges et autres bimbeloteries toutes de Mireille imprégnées. Un bonheur pour les yeux. Je vous impose pas la photo, elle est moche. Mais j'avoue que là aussi, le pouffage, vue d'extérieur, était aussi à l'intérieur...

Bon, sinon, revenons à nos moutons. Après Milan, Rome.

Et là, c'est le drame.

Parce que la perche à selfies, à Rome, c'est juste trop. Trop de vendeurs. Trop d'acheteurs. Trop d'utilsateurs.

Le nombre de fois où les Nains ont failli se faire embrocher...

Et vas-y que je te prenne un air niais, et je que partage mes poux (si, si, le selfie encourage le voyage du pou...), et que j'immortalise de Colisée en arrière des trous de nez. A deux, à trois, à douze, une vraie ... (faites la rime tout seuls...)

Bon, sans compter que ça renforce un truc, ce machin, c'est l'ego.

Ben oui, parce qu'avant, quand on partait en voyage à deux, on prenait le temps, et puis on choisissait la bonne personne. D'un air un peu contrit, on lui tendait notre appareil, en espérant qu'il ne parte pas avec, pour nous prendre en photo sur fond d'Etretat ou de Monte Video. Après, on ne savait pas trop si la personne en question nous avait pas coupé au niveau des roustons. Mais ça créait des liens, on échangeait des sourires, des petits riens.

Là, c'est rideo ergo sum. Je souris donc je suis...

Moi, les narcisses printaniers, je les aime en jardin. Pas en furies tendues sur le Palatin.

Vous croyez qu'on peut se faire une perche à selfie elbow ?

Bon, si on voit le côté technique de la chose, ce machin permet de prendre des photos improbables, et ça, c'est plutôt bien.

Mais pour la vie en communauté, on laissera passer.

Heureusement, après, on est allé à Naples. Et là, les perches, y'en a quasiment pas.

Ça se coincerait dans les draps !

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08 avril 2015

Rhhhaaaa....

Rhhhaaa, ça y est, je tiens le coupable !

Non, parce que faut dire les choses comme elles sont, ce truc là m'a empoisonné la vie pendant plus d'un mois...

Un loooong mois.

Ce machin m'a coûté une fortune. Je ne sais pas combien j'ai dépensé pour lutter contre. J'en passe et des meilleures, j'ai tout essayé. Et vas y sur l'océan, ses bienfaits... Les huiles. Essentielles. J'en ai toute une collection de flacons. Geranium, pamplemousse, lavande, thym, moufette, j'en passe des odeurs et des qui fouettes. Avec zinc, avec cuivre, avec levures, avec souffre. Soufre, soufre, avec 2 f ça serait nettement plus juste cette histoire.

Sinon, j'ai pas essayé le coup du légionnaire, l'amoniac, j'ai eu le trac...

Dieu sait que le truc en question, à l'achat, c'est rien du tout. Bio, sans poussière et absorbant.

Mes fesses oui.

Ce truc là est une arme de destruction massive de nez...

Mais de quoi tu parles bon sang ?

Ben du nez justement

Soit, si on fait le récapitulatif, un mois mit laryngite et bronchite, ok les joies de l'hiver. Et un mois mit sinusite, la tête à l'envers.

Ahhh, bonheur, joie dans les coeurs !

Et si on essayait les antibio ? Allez, fais pas ta chochotte, un peu d'antibio, ça peu pas faire de mal.

Ouais, ok, va en parler à mon système digestif, il en gargouille encore...

Et à mon nez ?

Ben mon nez, les antibio, ça l'a fait doucement couler. Encore et encore.

J'ai pris des actions chez Solapin et des stocks options chez Voile Coton.

Dis maman, ça se recycle un mouchoir ?

Heu... Non.

Dommage, la poubelle est pleine.

Et les antihistaminiques, ça pourrait peut-être faire kek chose non ?

Aller, on essaye, chiche.

Vous connaissez des personnes allergiques aux antihistaminiques ?

Non ?

Et ben je vous présente la première !

Tadaaaam !

C'est qui la quiche qui se retrouve au fond de son lit avec l'énergie d'une moule russe après avoir pris un joli petit cachet bleu d'Aerius ?

Et ben c'est moi !

Et le nez sinon, mit cachet bleu ?

Égal à lui même. Toujours bouché, éteint, contraint, annihilé.

Jusqu'à que je trouve LA coupable.

Bon, alors, tu la craches ta Valda ?

Bon, si vous avez suivi les épisodes, la famille Nain a juste du régler quelques trucs ces derniers temps. Oh, rien du tout hein. Un minou harcelé, des profs uuultra-bienveillants. Enfin, bienveillants, si on veut, ça, c'était juste pour la pub. Pour de vrai, ils ont juste failli bousiller mon loulou. Et tant qu'à faire, ont joint au packaging sa petite soeur qu'avait rien demandé. Aller, hop, zou ! Vous prendrez bien un petit quelque chose avant de sauter de la falaise ? Ben tient, tant qu'à faire dans la bienveillance extrême autant aller jusqu'au bout non ? A l'aise Blaise.

Bref.

Histoire d'adoucir un peu les coeurs, et de faire plaisir aux loupiots qui avaient bien besoin d'un petit remontant, les Nains ont adopté deux petits machins.

Hariette et Paquerette, deux adorables ratounettes.

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Des oreilles roses d'une délicatesse de porcelaine anglaise, des museaux absolument ravissants, des petites papattes jolies et une grâce infinie.

Bref, pour de vrai, joie bonheur dans les coeurs.

Sauf que face à mon nez bouché de chez bouché, j'ai commencé à renifler mes tounettes d'une narine moins guillerette...

Crotte de rat. Et si jamais j'étais allergique à ces bestioles aux oreilles roses, comment allais-je pouvoir gérer la chose ?

"Sur le balcon" dit la Mazette. Ouais, mais attends, les courant d'air pour les ratounes, c'est le truc qui peut les faire passer l'arme à gauche. Alors non, je garde les tontons.

Du coup, j'ai essayé d'éviter les bestiaux. Mais c'est plutôt tristounet. Surtout quand elles viennent vous réclamer un petit câlin d'un oeil coquet.

Bon.

Sauf que je m'étais juste rendu compte que l'orsque je n'étais pas chez moi, curieusement, je ne me mouchais pas...

Alors, alors, soit on cherche dans la psyché : et si j'en avais juste plein le nez de mon étude empapaoutée ?

Soit on va sur internet.

Et on tape "rat" et "allergie".

C'est comme ça que j'ai trouvé la coupable.

Aller, yerk, yerk, je me venge, j'y vais à donfe dans la dénonciation.

La coupable, c'est elle :

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Quoi, ce machin, ces petites pailles jolies ?

Et bio en plus !

Ouais, je sais, ça fait un peu peu bobo, mais chez moi, la paille à rats elle est bio.

La paille à rats ?

Ben oui.

La paille à rat. A savoir le must de la chose, la litière en chanvre bio, toute bien tout bien, super absorbante, et qui ne fait pas éternuer les rats (véridique, c'est marqué dessus).

Sauf que les humains, si.

Depuis, vu que chez les Nains, la boboitude est quand même là dans l'atitude, on a changé de méthode. Les petits ont eu leurs couches lavables ? Et ben pour les rats, on va faire pareil !

A savoir une jolie litière en tissu, toute bien absorbante, home made, toute bien surjetée. Une nouvelle création made in Nain.de.Jardin !

Et vous savez quoi, enfin, je respire...

Rhhha...

Et mon étude ? J'en vois le bout... Youhou !

Quand je vous disais : joie et bonheur dans les coeurs !

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30 mars 2015

Jar Jar

Stéphane Bern, sort de ce corps !

Quoi, moi, Stéphane Bern ?

Meuh non... J'ai pas le même ondulé, ni le verbe aussi châtié (quoique...)

Non, cette jolie phrase à consonance Dantesque m'a été inspiré il y a quelques temps par un de mes étudiants.

Ils sont drôles mes petits étudiants. Persuadés sans nul doute que je suis un fossile sortie de la préhistoire de l'Art, certains n'imaginent pas un instant que je puisse maîtriser internet ou autre joyeusetés informatiques.

Sauf que si.

Bon, histoire de vous définir le contexte, et de meaculpabiliser avant de commencer, quand j'étais étudiante, il m'est arrivé d'avoir quelques anti-sèches. Ouais, j'assume. L'archéologie grecque par exemple, c'était pas forcément mon truc préféré. Du coup, fallait bien que je compense un peu.

Ok, ok, c'était pas bien. Bon, j'ai pas fait ma vie dans les temples grecs non plus...

Ceci expliquant cela.

Et puis à l'époque (ouais, je suis un fossile), les anti-sèches, c'étaient 2 ou 3 notes discrètes écrites sur un minuscule petit papier. Juste de quoi assurer sur quelques dates pour ne pas trop se planter. Et ne pas se faire remarquer.

Mais aujourd'hui...

Aujourd'hui, y'a internet. Et les smartphones. Et les connexions wifi.

C'est là que ça devient drôle. Parce que persuadés donc que je suis un vieux machin naïf, certains de mes étudiants en mal d'inspiration, tout en partiel émotionnés, un fois le sujet donné, piochent allégrement sur la toile lorsque j'ai le dos tourné.

Si c'était discret encore...

Si y'avait un minimum de fioritures mis autour. Voire une assimilation de la chose.

Et allez hop ! Et vas-y que je te copie l'intégralité de la page sur les châteaux de la Renaissance ! Et zou ! Et que je saute à pieds joints dans la page wikipédia du sujet demandé. Plaf !

Ben oui, c'est pas comme si on savait pas qu'en 2ème année, le lait leur coule encore un peu par le nez. Qu'à part le petit génie biberonné à l'histoire dès la première dent poussée, les autres étudiants, eux, ont encore du chemin à cheminer.

Du coup, lorsque je lis une copie de partiel de 2ème année truffée de mots savants et établissant un parallèle érudit entre architecture et philosophie, et ben je me pose des questions. Et quand je trouve la phrase écrite telle quelle sur tel ou tel site d'histoire des châteaux du XVIe siècle, je me marre !

Après, la note est moins marrante pour le plagieur. Mais faut assumer.

*

Et à l'oral ça donne quoi le copier-coller ?

Et ben ça donne un mélange entre Stéphane Bern et Jar Jar Binks.

Stéphane Bern, on voit bien. Langage recherché, scansion télévisée.

Jar Jar, c'est le grand machin dans StarWars. Celui qui parle à l'envers, en inventant des mots toutes les deux phrases. Le tout rythmé par de grands moulinets... Mais où diable dois-je donc mettre mes bras ?

Et ben voilà, je viens de trouver le Jar Jar de l'histoire de l'Art.

Jar Jar Thinks BW

Un comme ça par exemple ? Entre Star Wars et Rodin ?

Voilà comment, grâce à mes étudiants, je passe du XVIe aux dadaïstes.

Un petit/grand côté surréaliste.

*

Aller, pour le plaisir, quelques phrases tirées d'un exposé. Le jeune homme aurait dû en rester à l'oral, on aurait Jar-Jarisé dans la bonne humeur, mais il tint à me donner la chose écrite... Du coup, rendons à César ce qui est à César, je garde les fôtes d'ortografe aussi :

"Au vu de ces deux constats nous pourrions nous surprendre que le site fut touché par la désuétude. (...) Le Châteaux Neuf a véritablement été mis, au monde, s'est agrandi pour à terme mourrir. Autrement, son homologue une fois né ne subira que des modifications certes non négligeables mais pour autant sans que destruction il y ait. (...) Au demeurant le Château-Vieux s'organise en considération de la chapelle qui traversa les âges malgré l'incendie durant la guerre de 100 ans.

Ahhh, les châtiaux, ça inspire comme on respire...

 

 

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19 mars 2015

...

Il est des portes ouvertes sur le temps comme des instants de grâce.

Comme si l'instant longtemps suspendu prenait une dimension jusqu'alors inconnue.

Une autre manière de voir, de faire, révélée.

Au-delà de la joie, au-delà de l'espérance.

Un pas vers l'immensément grand, vers l'absolu.

Une porte vers l'infini, une étincelle allumée.

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Longtemps j'ai vu, observé, analysé. Cherché à comprendre, espéré.

Aujourd'hui, je sais...

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16 mars 2015

Alors, alors...

Bon, je tenais à le dire, pour avoir passé une partie de la journée tartinée d'argile verte et avec des bols fumants partout, je confirme, le ridicule ne tue pas !

Et pour avoir essayé les nettoyages de sinus à l'argile aussi (naaan, pas sèche, j'ai pas de vocation de publicitaire cocaïné, même version bio, et verte :0), et ben je confirme aussi, ça marche ! Sauf que j'ai utilisé une cuillère en métal pour touiller tout ça. "Mais es-tu folle, c'est une cuillère en bois qu'on prend, sinon ça perturbe l'argile, si, si. Faut tout leur dire..."

Bon, heureusement que je bosse en solitaire devant mon ordi, j'ose même pas imaginer si j'étais en open space...

- "C'est qui le dinosaure craquelé au fond ?" - "Laisse tomber, c'est l'archéologue timbrée, elle teste la micro-morphologie sur sinus, un machin expérimental".

Cela dit, j'aurai pu aussi faire passer le truc pour un camouflage végétal ("c'est qui la dame déguisée en ficus ?") ou un essai de peintures tribales... Sauf que bon, je suis juste ni paléontologue, ni anthropologue, ni ethnologue ; Levi-Strauss, sort de ce corps ! Crotte (de mammouth laineux), je suis démasquée...

Et à ce propos tiens, je vais me re-tartiner les trous de nez.

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Et une inhalation, une !

 

 

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Légèreté

Alors mes petits chats ? On en est où ?

On va revenir à un peu plus de légèreté hein ? Sachant que le lapin va bien, qu'il rattrape à la vitesse de la lumière le retard accumulé dans l'ancienne école (ben oui, parce qu'en plus d'y être mal et maltraité, il n'y bossait pas non plus :0), top fun). Il a de nouvelles expressions qui m'éclatent "c'est trooop flippaaaannnt" et présente aujourd'hui, sans qu'on le prenne pour le débile du coin, un exposé sur l'éclipse à venir. Bref, si c'est pas du bonheur, ça y ressemble !

A côté de ça, on peut quasiment plus, son père et moi, causer in english quand on veut qu'il ne comprenne pas. A chaque fois, on se fait chopper par l'inspecteur Gadget. Qui a plus ou moins compris. Va falloir qu'on se mette au polonais commercial pour papoter tranquille. Mówią, że idziesz na basen po południu, gdy niespodziewanie do dzieci?

Oui, bon, quand on cause in english, c'est pas non plus pour éviter qu'ils sachent qu'on a mis au point les plans de la dernière voiture révolutionnaire qui marche à l'eau ferrugineuse. En revanche, "ass hole", quand on parle de certains acteurs récents de notre petite vie de famille, c'est plus élégant. Faut le dire.

Sinon, je fais appel aux bonnes âmes qui auraient LE remède miracle contre une sinusite récalcitrante. Sans forcément que la réponse commence par antibio et finisse par tiques. Parce que ça commence à me gaver de parler du nez depuis plus d'un mois. Et que je dois prochainement tourner une émission graaand public sur le patrimoine. Et que j'ai pas forcément envie de causer dans le poste à 20 h 30 avec la goutte au nez et des phrases du type "alors boilà le jarbin du betit berron, un betite berveille bu XVIe siècle". Non pas que le ridicule tue, sinon ça fait longtemps que je serai 6 pieds sous terre, mais ça serait quand même plus sympa pour ceux qui prendrons le temps de regarder, et d'écouter.

Bon, sinon, le printemps arrive, ça c'est quand même une super nouvelle. Y'a des violettes dans le pré d'en bas, c'est déjà un grand pas. Je les sens pas encore hein, mais d'ici peu...

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09 mars 2015

Autre rive...

Alors, alors... Il est un temps où l'on peut commencer à parler de bilan. Parce que oui, bilan il y a, bien visible, voire majeur.

Si j'ose la métaphore, un changement d'école en cours d'année, c'est comme aller voir un psy.

On se dit qu'on devrait le faire, les données s'accumulent, on se dit que ça va aller mieux, on hésite, on tergiverse. On se persuade que non, c'est peut-être pas si grave... Et puis il y a une petite étincelle, un gros boum, et on saute le pas, un peu malgré soi. On se lance, sans trop savoir, avec la certitude qu'à défaut de ne servir à rien, ça sera au moins un pas de franchi.

Et une fois le pas franchi, on se rend compte que l'on vient juste de traverser un fleuve...

Alors voilà, au titre des épisodes qui ont suivi la traversée, je passe sur le comportement hallucinant du directeur de l'ancienne école, chantage à l'appui, qui m'a clairement signifié que garder ma Poulette dans son école merveilleuse l'année prochaine, ben, ce serait pas possible hein... Ben non, comment accepter dans cet univers si paradisiaque une petite fille dont les parents sont si inconséquents, laxistes, voire dérangés ? "Vous n'êtes plus en accord avec la philosophie de l'école". Joli mot pour signifier où est la porte de sortie. Jolie philosophie.

Directeur qui, par ailleurs s'est lâché ensuite au téléphone avec la directrice de la nouvelle école dans laquelle on pensait mettre la poulette en question l'année prochaine... Directrice qui, du coup, ne sait plus bien si elle a encore de la place ou pas. Esprit de corps. "Remplissez toujours un formulaire"... Que disait-on déjà sur l'étiquetage ? La remise en question ? Et la bienveillance ?

La médiocrité est une arme de destruction massive...

Passons sur ce monde de brutes. Dans mon univers à moi, si la justice n'est sans doute pas de ce monde, elle se fera ailleurs, plus tard. La pesée des âmes... Allez, tient, un petit coup de Jérôme Bosch, histoire de...

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*

Quant au poussin, et bien, il va bien !

Une semaine à cavaler, à progresser à pas de géant, à angoisser, souvent. On ne va pas oublier tant d'années en si peu de temps. Accordons-lui celui de l'adaptation. Dans sa nouvelle école, curieusement, on le félicite pour son comportement.

Comme quoi... Une histoire de contexte, surement. Humaine, évidemment.

Heureusement que de l'autre côté du fleuve, il y a d'autres rives...

De mon côté à moi en tous cas, la lumière est là, et c'est déjà ça.

 

 

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04 mars 2015

Suite...

Alors... Parlons peu, parlons bien.

Parce qu'une des questions qui revient en boucle, c'est "à qui la faute" ?

Ben oui, tient, qui sont les harceleurs ? Une bande de petits salopards ? Des sales mômes ? Des futurs serial-killers ?

Pas si évident que ça...

Premier constat : nous ne sommes pas tous égaux. Pas le même caractère, pas les mêmes cheveux, pas la même couleur de peau, la même religion, ni la même famille.

Tous différents, et c'est tant mieux. La diversité crée la richesse, l'échange et le partage. Pour autant, vivre ces différences n'est pas une sinécure. Apprendre à accepter l'autre n'est pas dans la nature humaine. C'est comme ça. Par essence, l'autre, l'étranger, le voisin, celui qui n'est pas comme nous fait peur. Qui a déjà vu une cour de récréation rigole doucement en repensant à Rousseau. Pas persuadée que l'homme soit bon par nature...

Bon, d'un autre côté, deuxième constat, je suis assez d'accord avec Rousseau, sur un point philosophique en tous cas. C'est la société qui corrompt l'homme. Au sens littéral. On va pas revenir au Paléolithique non plus.

Et en quoi la société explique les harceleurs me direz-vous ? Parce que ces petits là, qu'est ce qui les amène à devenir bourreaux ?

Là encore parlons peu, parlons bien. Parce qu'en définitive, la question n'est pas qui. Mais quand ? Où ? Et Comment ?

Dans la première école de mon fils, en maternelle, les harceleurs étaient les grands de Moyenne section. Moyenne d'âge : 4 ans. Enfants issus de communautés. Renfermées sur elles-même, banlieue ghetoïsée, mal-être, repli communautaire. Dans ces communautés, on apprend au petit garçon, parce que c'est comme ça, c'est traditionnel, qu'il est le plus fort. Que si il domine les autres, il sera champion du monde. Que taper, ça permet de prendre le pouvoir.

Et les enseignants dans tout ça ? Parce que là, il le voient le harcèlement. Ils la constatent la violence...

Et bien ils ne font rien. Parce que si ils font, si ils punissent les fortes têtes, si ils vont à l'encontre des parents pour qui être le plus fort est une base de l'éducation, les grands frères interviennent. Crèvent les pneus des voitures du prof, cassent les vitres, détruisent la boite aux lettres, menacent.

Silence assourdissant donc. Et une enseignante de grande section, tombée de la lune, heureusement, qui m'alerte : "sortez votre fils de là, il va se faire détruire".

Et qu'est ce qu'il a mon fils ? Il est roux ? Gros ? Habillé comme un poireau ? Non, il est juste curieux de nature. Il adore les planètes, les étoiles, la mécanique, l'histoire, la physique. Il a des lunettes et il cause, tout le temps. Un vrai schtroumpf savant, aussi agaçant. Autant de raisons de le remettre à sa place non ? De bien lui signifier qu'il ne rentre pas dans le moule, qu'il devrait faire tout comme les autres. Que si il fait ça, c'est parce qu'il est bizarre. Ca fait peur les gens bizarres. Surtout à ses petits camarades. Qui tapent.

Et qu'est ce qu'il fait le petit garçon qui se fait taper ? Et bien il tape aussi. D'autant plus que comme ça parait être normal, que les autres sont tous dans des rapports de force, et que les profs ne disent rien, alors autant y aller. Une manière comme une autre de faire comme tout le monde. Harceleur/harcelé, du coup, on sait plus bien.

Décalé ? Certes.

Alors on choisit l'école de rêve, en théorie. On integre un système, basé sur l'attention à l'enfant, le respect de son rythme. On est des parents concernés, on s'investit. On y croit. Pendant un certain temps.

Sauf que l'enfant, lui, il a du mal. Il était hyper-sensible, il est devenu hyper-réactif. Un enfant l'approche d'un peu trop près ? Il tape. Il y a trop de bruits dans les escaliers, il se sent agressé ? Il tape. Cet enfant là, c'était le renard du Petit Prince, il avait besoin d'être apprivoisé, rassuré par le système scolaire, protégé. Mais le Petit Prince, c'est juste un conte. En quelques semaines, mon fils est catalogué. Menace de renvoi. Le professeur qualifie l'enfant d'agresseur.

Et nous les parents ? Qu'est ce qu'on fait ? Ben on explique l'histoire aux enseignants, on essaye de comprendre, de lui trouver des excuses, on cherche à apaiser, on punit parfois. Sans taper. Parce que la fessée, on a essayé, deux fois. Et on s'est vite rendu compte que si ça "recalait" l'enfant, ça donnait surtout aux parents un sentiment de domination qui allait vite du côté noir de la force...

Alors au fil du temps, on essaye de trouver des solutions. On lui demande d'avoir un comportement exemplaire. Avec carotte. Une semaine sans remontrances à l'école, c'est un petit jouet, une scéance de cinéma, un bouquin. Ca à l'air de marcher. Un peu caricatural quand même. D'autant plus qu'à la maison, ce petit loulou là est juste un amour, un enfant normal...

Décalé, là encore.

Les années avancent, l'enfant a des hauts, des bas. Il s'ennuie. La maîtresse ne l'écoute pas. Il n'avance pas. Il est devenu celui qui agresse, il a du mal à écrire. Alors qu'à la maison, il carbure aux émissions scientifiques et autres bouquins sur les étoiles, à l'école, il traîne. "Laissez-le être un enfant" me dit la maîtresse. Mais il est un enfant, différent, c'est tout. Le système en théorie idéal s'effrite. Mon fils fait d'énormes efforts de comportement, il rentre épuisé à la maison. Le bulletin scolaire ne reconnaît rien de tout cela : "votre fils semble un peu déprimé". Qu'en est-il réellement du suivi scolaire de mon enfant ? De sa différence ? J'ai face à moi des bisounours inactifs. L'enfant idéal est celui qui ne dit rien, ne fait rien. Assis, debout, couché, et les vaches seront bien gardées. Un joli couvercle, tout bien fait en apparence. Un repli communautaire comme un autre en définitive. Comme quoi...

L'angoisse est installée, puissante. L'enfant incompris finit par se réfugier à l'école au fond de ses seuls et uniques besoins primaires. La peur au ventre. Nous parents, avons une joie de vivre à la maison, un petit être heureux, rieur, curieux. Curieux paradoxe. Face auquel il faut expliquer, encore et encore. Espèrer qu'ils comprennent, lui et les autres. Pour que cela soit plus doux, pour lui, pour nous, pour les autres.

L'enfant a mal au ventre, il n'en peut plus. On consulte. Phobie scolaire. On met de l'huile dans les rouages. On explique aux profs, ahuris. "Mais enfin, pourquoi il est aussi angoissé, il n'y a aucune raison". Lourds regards compatissants sur nous, pauvres parents, forcément coupables du mal-être de notre enfant...

Une année passe. L'enfant change de prof. Il est plein d'espoir, enfin, il est chez les grands, il va pouvoir apprendre. Un jour, lors d'un cours sur les planètes, il tacle le maître, le reprend sur ses connaissances, le remet en question. Parce que c'est son truc à lui, l'univers. On ne la lui fait pas. Si la donnée n'est pas juste, c'est qu'elle n'est pas juste. Un autre rapport de force s'engage. Le maître met l'enfant de côté, le marginalise. Les étiquettes se superposent. L'enfant perd confiance, encore une fois.

Et puis il y la question des frontières. Il y a la classe, et l'extérieur. Dans la classe, le maître domine. A l'extérieur, c'est la jungle. On surveille, ou pas. On fait appel à de gentils étudiants pour superviser la cour de récréation. On les prévient avant : "Le petit Machin, là, attention, c'est un agresseur." Re-étiquette. Re-catalogue. L'enfant s'enferme encore plus.

Pour les autres enfants du coup, le schtroumpf à lunettes, le môme à étiquettes, c'est trop drôle de le faire tourner en bourrique, d'utiliser sa sensibilité pour le faire sortir de ses gonds. Et puis aller se plaindre après. De toutes façons, les adultes sont consentants, alors autant y aller sec. Et quand on en parle aux profs ? "Ahhh, mais non, la petite Bidule, c'est un amour, elle est tellement gentille...". Qui sait que les mollets bleus de mon fils sont dus aux adorables petits pieds de la charmante petite Bidule ?

Alors bon, je ne reviendrai pas sur les détails, j'ai déjà expliqué. Nous parents, nous sommes dit que si notre enfant tapait, c'est qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas, que notre fils avait peut-être des problèmes psychologiques, neurologiques. Consultations, on prend l'enfant en faute, encore une fois, on le met face à ses propres incertitudes. Es-tu bien normal ?

Mais qu'est ce que la normalité pour lui ? Se faire taper ? Taper ? Se défendre ? Demander à ce qu'on le tape ? Dans son monde d'écolier, il n'y a plus de lois qui comptent. Seule l'auto-défense prévaut. Les adultes eux, ne font que regarder. Alors à quoi bon leur faire confiance...

Et puis, au détour d'une énième consultation, le voile se déchire. Toutes les pièces du puzzle prennent enfin leur place. On comprend, comment il en est arrivé là, comment s'est formé le cercle vicieux, du silence à la pseudo-bienveillance. On comprend, nous, parents, que ce monde de l'école nous a échappé. Qu'à faire trop confiance aux enseignants, nous sommes passés à côté des vrais problèmes de notre enfant.

Alors harceleur/harcelé ? Le problème est sans doute plus complexe qu'on ne croit. Le premier des maîtres maux qui me vient en tête, c'est celui de la Justice. Pas l'autorité pour l'autorité. Juste être juste. Ne pas se laisser guider par les a priori, quels qu'ils soient. Ne pas se reposer sur ses acquis. Savoir pouvoir se remettre en question. Y compris lorsque c'est au travers des yeux d'un enfant.

Le deuxième, c'est la paresse. L'un des 7 pêchers capitaux. Paresse des enseignants, sûrs de leurs bons droits, eux qui ont vu passer tellement d'enfants. Pourquoi changer de méthode ? Or il y aurait tant de choses à faire à ce sujet...

La troisième, c'est la bienveillance. Toi, l'autre, nous, vous, sommes tous confrontés les uns aux autres, que ce soit dans nos faiblesses, nos forces, nos médiocrités, nos valeurs. A ne voir que le côté noir de la force, on en devient noir aussi. Garder la bienveillance comme un trésor devrait être le guide de nos vies.

Et enfin, la créativité. Sans créativité, l'homme n'est qu'une machine, un être répétitif, sans compassion, sans ouverture d'esprit. Créativité et remise en question devraient être les clefs de l'éducation... Nationale ou pas.

***

Et mon fils dans tout cela ? Le lendemain qui a suivi notre choix de lui faire quitter l'école, c'était une boule d'angoisse réfugiée au fond de son lit. Le sur-lendemain, une petite phrase à surgit, comme un cri "Je me sens vivre". Tout était dit...

 

Alberto Korda, Girl with a Wooden Doll, Cuba, 1959.

 

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Petite chronique du harcèlement scolaire ordinaire

En guise d'explication. Pour que si, un jour, vous êtes confrontés au problème, vous ne puissiez pas dire, on ne savait pas...

Petite chronique du harcèlement scolaire ordinaire. Dans le public, dans le privé, quel que soit l'âge, et l'école :

Au début, l'enfant qu'on harcèle se plaint, les enseignants grondent les uns et les autres. Et puis ça recommence. L'enfant réagit. Il tape aussi. Comme le processus se répète, il devient le bouc émissaire, un jeu s'installe. C'est trop drôle d'aller provoquer l'enfant en douce. On va le taper discrètement, lorsque les adultes ont le dos tourné. Il répond, et tape aussi. Il se fait gronder. Lui, les adultes l'ont vu faire. Les harceleurs rigolent en douce, eux à qui on ne dit rien. L'enfant harcelé devient un enfant à problème. C'est toujours de sa faute. Alors on convoque les parents. Les parents demandent à l'enfant de ne plus taper, d'avoir un comportement exemplaire, de ne plus réagir.

L'enfant commence alors à s'éteindre peu à peu. Puisque les adultes de l'école et ses propres parents lui demandent de ne pas réagir. Puisque personne ne comprend le cercle vicieux dans lequel il est enfermé. L'enfant se dit, dans son fort intérieur, que si les adultes ne punissent pas ses harceleurs, c'est que tout cela doit donc être normal. Même si, au fond de lui, il sent bien que tout cela est injuste.

Face à l’incompréhension des adultes, l'enfant ne dit plus rien. Et comme il n'a plus que ça comme moyen de communiquer avec les autres enfants de l'école, et bien il demande à ses harceleurs de le taper. Un moyen comme un autre de rentrer en communication. C'est déjà mieux que rien...

Parce que oui, il n'a plus d'amis. Forcément. Certains aimeraient bien jouer avec lui, mais les harceleurs veillent. Attention, si tu joues avec l'enfant, on sera plus amis avec toi...

Le processus se met vite en place chez les petits... Et leur absence de sens critique rend la chose difficile à voir.

Sauf que le sur-moi finit par prendre le dessus. L'enfant agressé régresse, son écriture se dégrade, il n'arrive plus à parler, il a mal au ventre, il est en apnée. Il s'enferme dans une angoisse permanente. On évoque bien de temps en temps la phobie scolaire, le médecin en parle. Mais lorsque les parents vont voir les enseignants, ces derniers haussent les épaules, ils voient bien, eux, que l'enfant est violent. Et puis c'est bien connu, les mères sont trop protectrices. Ahhh, les enfants rois... Deuxième haussement d'épaule.

Heureusement, certains enfants ont des bonnes étoiles, et des parents surinvestis :0). Les parents se disent que si l'enfant régresse, c'est peut-être parce qu'il a un problème de santé. Les bilans médicaux se succèdent. Les parents transmettent à l'école. Troisième haussement d'épaule. "Il est peut-être hyper-sensible, en attendant, il a encore bousculé une petite fille aujourd'hui". Coup d'épée dans l'eau.

Et puis un jour, une thérapeute met enfin le doigt sur le problème, permet à l'enfant d'exprimer ce qu'il ressent. Et alerte les parents. Attention, votre fils est en danger, il est en train de s'autodétruire. Sortez le de là, et vite.

Alors voilà, on a sorti notre fils de là, et vite...

Et Dieu qu'on a bien fait...

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24 février 2015

Prendre le clavier comme on prend la plume, pour exorciser, sortir les mots, sortir les maux.

Sentir qu'il y a des choses plus haute que soi, que la vibration du monde doit être rétablie, que la matrice doit être réparée. Qu'il faut agir vite, pour la vie, pour le sens, pour rétablir la lumière.

Sortir, vite, s'enfuir, courrir, prendre l'essentiel avec soi, et partir au loin, expliquer que c'est pour son bien. Arrêter de le voir souffrir.

Qui sauve une vie sauve le monde...

Et bien voilà, moi, ce soir, j'ai pris la décision de sauver une petite partie du monde.

Parce que je me dis que peut-être qu'un jour, cette partie là du monde sauvera le monde à son tour. Parce qu'on l'a sauvé lui.

Ma petite particule élémentaire. Mon coeur doux.

Petit bout de mon âme.

Il faut savoir se battre pour ses enfants.

Et croyez moi, à ce jeu là, je suis prête au combat.

Kelety

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21 février 2015

Eteins-moi ça !

Ohhh, là là, je crois que je suis sévèrement atteinte...

Mes nuits hantées par le XIVe siècle ayant besoin d'un peu de fraîcheur, je teste depuis quelques jours l'association travail /télévision. A savoir, sur l'écran de mon téléphone, autrement dit un machin minimaliste, l'écoute plus que la vue de trucs télévisuels plus débiles les uns que les autres, doublée, côté clavier d'ordi, d'une rédaction fébrile sur les fontaines, puits, tonnelles, treilles et autres joyeusetés jardinesques.

Le cocktail est assez rafraîchissant, d'autant plus qu'il est nocturne.

Parce que la télé de jour, j'ai eu connu, mais là, vu que je la fréquente plus depuis des années, je ne saurai plus quoi en dire.

Je présuppose donc, dans ma logique mémère2.0, que les programmes nocturnes sont nettement plus crétins que les diurnes. A savoir, que comme normalement, la nuit, les gens dorment, et bien c'est à ce moment là qu'on case les machins les plus idiots.

Lorsque mes enfants étaient tout tout petits, et dotés d'estomac régurgitateurs nécessitant la mise en place de plages horaires genre 3/8 pour avaler la moitié d'un bib, je me tapais l'intégralité de "chasse, pêche et tradition", ou un truc du genre au milieu de la nuit, grâce auquel j'ai appris moult trucs sur la vie des mouches ou autres savoirs sur les nageoires caudales des dauphins.

J'en ai limite la larme à l'oeil lorsque je me repasse le générique...

Bon, je suis pas sûre que l'émission existe encore.

Parce ce que là, ce que je vois/écoute, c'est du lourd, du gratiné, j'en suis parfois toute retournée...

Mes préférés ? Les machins américains improbables.

Par exemple l'émission sur les gens qui achètent des garde-meuble aux enchères, sans savoir ce qu'il y a dedans, et découvrent ensuite leurs butins. De quoi halluciner sur ce que les américains considèrent comme des antiquités. Une table Nikea années 1970 "ohhh, so cuuuute... Je crois que je vais pouvoir la revendre au moins 300$". Mwouiii. Si tu veux mon petit chat... Enfin, moi, j'en voudrai pas. Je dis ça, je dis rien.

Sinon, y'a aussi les américaines qui choisissent leurs robes de mariée. Avec les commentaires des copines, mères et autres êtres bienveillants, point trop sans faut : "non, là, on dirait un chamallow"... Rafraîchissant je vous dis.

Sinon, j'ai vu plusieurs épisodes d'un concours de tatoueurs, genre "secret story", version "je t'écris dessus".

On se demande quand même ce qu'ont dans la tête les cobayes qui se prêtent aux aiguilles des concurrents. J'ai en mémoire un défi de tatouage de pin-up où, franchement, la plus belle avait la tête d'E.T.... Mais bon, là encore, ça doit être une question de point de vue. Il parait que les contrastes étaient bien, alors... Bon, quant à savoir si le cobaye était heureux de repartir avec un E.T. sexy sur le mollet droit, c'est une autre histoire...

Sinon, j'ai vu aussi un épisode de docteur machin. Celui qui résout tout. Bon, ça m'a juste traumatisée, parce que ça parlait de pigeons qui avaient contaminé l'eau d'un policier cultivateur de marihuana (mais où ils vont chercher tout ça ?). Bon, vu que ce genre de truc est écrit par de bonnes âmes moralisatrices, le policier drogué y est passé, paf !

Mais du coup, je flippe, parce que dans ma grande générosité naturaliste, j'abrite depuis quelques jours un couple de pigeons qui a décidé de faire son nid sur mon balcon, à 2 mètres de mon clavier. J'aime bien leurs roucoulades, mais s'ils se mettent à venir contaminer mes pieds de vigne, ça va pas le faire (non, je n'ai pas de cultures illicites sur mon balcon, à part deux pigeons et leur future progéniture).

Bon, sinon, y'a aussi du salace, mais ça lasse. Et puis c'est pas hyper compatible avec les papes. Ok, ok, vous me direz, les pin-up sexy tatouées non plus hein...

Ben voilà, je vous le disais, je crois que je suis un peu atteinte...

Et qu'il va falloir que je finisse viiite ce dossier avant de me transformer en mariée tatouée qui vend sa robe aux enchères à un couple de pigeons énamourés...

Rhhhaaa, mais éteins-moi ça !

MireOrtf2nettoyee

 

 

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14 février 2015

Man/chaud

Aller, hop, vu que c'est les Wacances. Qu'en février, on peut par chez nous tâter de la neige sans aller à l'autre bout de la planète, et ben on va juste se faire une mini thématique tricot chaud.

Bon, sachant que si je sais coudre, côté tricot, je suis une buse.

Du coup, je pourrais pas trop participer hein.

Mais bon, les reines de woolland, les accro du tricot, les filles aux aiguilles...

Ca vous dit une bonne action ?

Un bonnet tricoté, c'est des sous pour les gens qu'en ont pas.

Et on le met où le bonnet ?

Ben sur les jus.

Ok, faut acheter les jus, mais à part ceux avec de la banane (j'aime pas quand y'à de la banane dedans), et ben les autres sont super bons.

 Alors... Tricotons, ou buvons ! Ou les deux.

*

Bon, et puis après les bonnets pour jus, y'a aussi le tricot pour manchots.

Ok, ok, pingouin, mais tricot et manchot, ça rimait bien.

Bon, pour tout vous dire, j'étais un peu partie là-dessus dès le départ. Je les trouvais trop choux moi, ces petits machins.

Pingouins-Australie

Et puis après, et ben j'ai vu que c'était pas pour rien ! Pas juste histoire de ricaner sur le pingouin.

Si y'a des dames qui leurs font des petits paletots à ces choupi manchots, et ben c'est pour les sauver.

Parce que les machins guillerets (enfin les peluches, on pouvait pas trop leur demander de poser non plus) qu'on voit sur la photo avec leurs petits manteaux, avant, ils avaient pris un bain de pétrole généreusement lâché par moult bateaux en mal de nettoyage ou autre dégazage.

Du coup, ces pauvres pingouins, on est obligé de leur faire prendre un bain.

Un chouille agressif, le bain. Genre dépolluant quoi.

Et après le shampoing, ben...

1. y z'on froid

2. y sont encore plein de produits pas super top à ingurgiter

Alors, hop, après le bain, en pyjama !

Comme ça, ils ont plus froid, et ils se nettoient pas.

Sioux non ?

C'est un papy australien qui a eu l'idée.

*

Et si on leur refilait AUSSI les bonnets ?

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06 février 2015

13 et des brouettes

C'est qui qui a bossé toute la journée sur la planche "1345" (elle est importante la planche 1345...) et qui, énervée parce que le correcteur d'orthographe s'affichait en néerlandais (c'est du latin, crétin !), a cliqué sur "ne pas enregistrer" en partant ?

Et ben c'est moâ !

Ok, ok, je sors, je sors...

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T'ain... La boulette...

 

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04 février 2015

Sens 2, le retour...

Bon, ok, ça fait un peu monomaniaque, mais j'avais envie de continuer sur le sens...

"Aller dans le bon sens", avoir du bon sens".

Mais c'est quoi le bon sens ?

Leszek Bujnowski 1

Bon, je vais pas créer de querelles de clocher. A mon sens, le bon sens, c'est censé. Ça veut dire quelque chose, c'est logique. Ça ne se discute pas. C'est comme ça. On va pas mettre le bonnet en bas et les chaussettes en haut.

Ok pour ça.

Mais si on débroussaille la généralité, si on spécifie le sujet ?

Hum..., tient, l'éducation...

Ahhh, je te vois venir ! On repart vers le GIGN ?

Pas forcément, quoique...

Qu'est ce que le bon sens, pour moi, historienne, archéologue, restauratrice, prof de fac, créatrice, brocanteuse ?

Leszek Bujnowski 5

Pendant longtemps, pendant mes cours, j'ai présenté mon métier comme une sorte de but. J'avais envie de partager mon expérience, de donner envie à mes étudiants de se diriger vers le domaine qui me passionne. Les jardins, du passé au présent, de l'histoire à l'écologie, de la lecture à l'écriture...

Et puis cette année, j'ai changé.

Parce qu'en définitive, je me suis rendue compte que cet enseignement comportait une certaine cruauté.

Leszek Bujnowski 7

Cruauté ?

Oui.

Avais-je le droit d'orienter mes étudiants, même avec la plus grande passion du monde, vers un domaine où actuellement, il n'y a quasiment pas de débouchées professionnelles ? Avais je le droit d'utiliser ma passion pour les guider vers un avenir pour l'instant inexistant ?

Parce que c'est bien beau d'avoir inventé mon métier, mais pour le transmettre, il faut qu'il y ait quelques places derrière.

Et pour l'instant, les places, on voit pas bien. Contexte économique, nouveauté du sujet, nécessité de l'expérience, ... On est encore dans l'expérimental. Point encore de labo dédié, de structures administrées, juste moi qui débroussaille.

Leszek Bujnowski 8

Alors à quoi bon donner envie si je ne peux fournir la machette et le sécateur ? Satisfaire la soif ?

Premier point.

Leszek Bujnowski 6

Le second est celui qui m'a le plus fait réfléchir.

C'était celui du parcours.

J'ai coutume de dire que pour créer mon métier, j'ai pris un grand sac, j'ai mis tout ce que je savais faire dedans et j'ai secoué bien fort.

Les choses n'ont pas été linéaires et ne le sont toujours pas, loin de là. Elles se sont formées au fil des rencontres, des amitiés, des passions. Avec une absence totale de carriérisme. Et heureusement.

Pas de ligne droite, des courbes, des pleins, des déliés. Juste la passion en toile de fond.

Qu'étais-je alors en droit d'enseigner ?

Leszek Bujnowski 3

La réponse s'est imposée d'elle-même : la curiosité.

L'idée n'étant pas tant de guider mes étudiants vers une profession. Mais plutôt de mettre ma curiosité au service de leurs talents.

En quoi, moi, passeuse d'(H)istoire(s), pouvais-je les aider à non pas trouver le bon sens, mais leur sens ?

Leur montrer qu'on peut faire quelque chose de sa vie, de ses envies en utilisant ce qu'ils ont en eux-mêmes.

Que le Beau qui dirige leurs études peut aussi faire partie de leur vie.

Leszek Bujnowski 9

Et bien ce fut jubilatoire cette histoire...

Avec un vrai plaisir, celui d'aider. De guider. Ne plus être Dominus. Devenir Magister.

Goethe a dit : "tout ce que tu peux faire, ou rêves de faire, entreprends-le. L'audace est porteuse de génie, de pouvoir et de magie."

Ben voilà, moi je crois que je suis devenue prof de magie.

Et Dieu que c'est bon...

Leszek Bujnowski 4

 

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02 février 2015

En quête de cens

Cens ? T'aurais pas  fait une énorme faute là ? Cens, madame, ça prend un S, pas un C.

Ben si, ça peut prendre un C et un S, les deux mon capitaine !

Bon, pour tout vous dire, ce titre m'est venu la semaine dernière, alors que j'avais l'humeur un chouille en berne. Un truc de marmots. Les petits, ça cause parfois des soucis. Rien de dramatique non plus, mais juste l'envie de dézinguer l'Education Nationale...

Bon, avec des termes comme ça, je vais me faire repérer aussi sec. D'ici à ce que je trouve un monsieur du GIGN sur mon paillasson demain dès l'aube...

Enfin, si il ressemble à un beau pompier, ou à un surfer à planche médiévale, je veux bien causer un peu, juste le temps qu'il me mette les menottes.

Sauf que ça a une cagoule non, un monsieur du GIGN ?

Bon, alors, à l'extrème rigueur, un beau regard bleu acier sous le bonnet... "elle a les yeux revolver, elle  le regard qui ...". Non, je vais pas aller plus loin, je risque définitivement de passer de Cens à censure...

Mais revenons au Sens/Cens

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager un bout de lecture de l'excellent article d'Idriss J. Aberkanne : "Les neurosciences au service de l'apprentissage" (Le Point n°2211).

Ouais, je sais, j'aime les jardins ET les neurosciences ET plein d'autres trucs, c'est comme ça.

Alors, reprenons : un premier petit extrait, juste parce que j'ai biché : "Les calculateurs prodiges comme les hypermnésiques sont très intéressants en neuro-ergonomie, car, tels Le Nôtre ou Lesseps, ils se font dans le cerveau une sorte de jardin à la française en creusant par exemple un nouveau canal pour faire passer l'eau là où il n'était pas prévu qu'elle passât."

Rhaa, j'adore l'idée de Le Nôtre en train de creuser ses sillons internes...

Reprenons :

"l'école est obligatoire, les lits qu'elle creuse [dans le cerveau] nous sont rigoureusement imposés. Il est donc primordial qu'elle mesure sa responsabilité, qui va au-delà de l'acquisition des compétences. Son conditionnement (la note, la peur, la répétition, l'individualisme, etc.) n'est pas anodin pour notre cerveau. Le psychologue Sam Glucksberg, professeur à Princeton, démontre en 1962 l'existence de l'"effet de surjustification" : la récompense peut réduire les performances. C'est l'avis de sir Ken Robinson, expert reconnu en éducation, dont la conférence intitulée "l'école tue la créativité" connait un immense succès. Notre système éducatif ayant été conçu sans rien connaître du cerveau, nous observons aujourd'hui, sans surprise, que son ergonomie est minimale... (...).

Nous le savons depuis Montaigne, "l'enfant n'est pas un vase qu'on remplit, mais un feu qu'on allume". Si le professeur est seulement un distributeur de connaissances, il n'ira pas loin au XXIe siècle : un distributeur, ça s'automatise. Mais s'il est un catalyseur, un chef étoilé du savoir, son avenir est assuré. Mieux, il prendra du plaisir à donner de l'appétit à ses élèves, tout comme eux à déguster le savoir."

Bon, pour résumer, autant vous dire qu'ici, si j'ai l'humeur morose, c'est parce que côté éduc nat, on est plutôt cantine que chef étoilé. Et que côté feu allumé, moi, "la mère" (responsable de tous les maux des enfants, c'est bien connu) j'ai plutôt face à moi la version pompier versus GIGN. A savoir, "on éteint le feu, et si ça continue, on emprisonne". On pourrait même ajouter à ce charmant portrait un certain côté "j'adore les tiroirs et les étiquettes".

C'est tellement pratique une étiquette. Aller hop ! Classifié, reconnu, identifié.

Suivant !

Bref.

Passons.

*

Et les Cens ? Ah ben oui, tient, j'allais oublier... Ben le cens, c'est une redevance, un impôt quoi. Et dans le cas qui me préoccupe en histoire depuis quelques jours, c'est plus exactement : "La censive, ou terre censale, est un fonds qu'un seigneur de fief a concédé contre le paiement perpétuel d'un cens. Il en a vendu la propriété utile (dominium utile), propriété qui pourra passer aux héritiers qui, à leur tour, et solidairement, devront continuer à payer le cens. Le censitaire, celui qui tient le fonds à cens, est responsable de cette terre et propriétaire de sa production. Le seigneur censier, celui qui a droit de lever les cens, conserve la directicité, la propriété éminente (dominium directum)."

Ok, ok, j'arrête :0)

Cens, Sens, Censure, Sans Sûre, va falloir, dans tous les cas, que j'assure...

*

Bon, et puis parce qu'il ne faut jamais perdre le vrai sens, celui de la Vie, un peu de poésie, jamais ne nuit :

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie,

Et sans dire un mot te mettre à rebâtir,

Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties,

Sans un geste et sans un soupir,

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,

Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,

Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,

Pourtant lutter et te défendre,

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles,

Travesties par des gueux pour exciter les sots,

Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles,

Sans mentir toi même d’un mot,

Si tu peux rester digne en étant populaire,

Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois,

Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,

Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi,

Si tu sais méditer, observer et connaître

Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,

Rêver, mais sans laisser jamais ton rêve être ton Maître,

Penser sans n’être qu‘un penseur,

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,

Si tu peux être brave et jamais imprudent,

Si tu sais être bon, si tu sais être sage,

Sans être moral ni pédant,

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite,

Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,

Si tu peux conserver ton courage et ta tête,

Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire

Ne seront à tout jamais tes esclaves soumis

Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un Homme, mon fils !  

 

Rudyard Kipling

 

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28 janvier 2015

Surf

Aller, hop, histoire de passer à autre chose, on va se la jouer Beach Boys.

Imaginer de beaux surfers sur les plages du Pacifique.

La peau tannée, salée d'embrunts, les cheveux au vent.

La combi roulée sur des hanches athlétiques.

Et l'oeil bleu de la jeunesse en printemps...

Bon, derrière, y'à aussi la camionnette qui sent les pieds garée au bord de la plage, le sac de couchage en tire-bouchon, la boite de raviolis du soir et la vache qui rit en dessert... Moins fun.

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Mais si on ajoute aux bestiaux des planches aussi belles...

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Alors, ma fois, on prend le tout, le surfeur, la camionette et les vagues en encorbelles.

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Et roule, ma poule !

*

Bon, y'a la version skate aussi, mais côté appareil dentaire et boutons, j'ai déjà donné, merci, je laisse ma place !

Et quant aux autres motifs disponibles... On va dire que là-dessus, à chacun sa liberté d'expression hein ! :0)

 

 

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